SNC-Lavalin: Jane Philpott critique une nouvelle fois son gouvernement

L’ancienne ministre Jane Philpott pense qu’il reste encore beaucoup de choses à dire sur le scandale SNC-Lavalin.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne L’ancienne ministre Jane Philpott pense qu’il reste encore beaucoup de choses à dire sur le scandale SNC-Lavalin.

Le supplice de la goutte se poursuit pour Justin Trudeau, qui continue d’être hanté par le scandale SNC-Lavalin. Son ancienne ministre Jane Philpott estime que le fond de toute cette affaire n’a pas encore été révélé et elle réclame à son tour que le premier ministre lève davantage le secret professionnel pour faire la lumière sur ce scandale.

« Il y a encore beaucoup de choses à dire sur cette histoire », a fait valoir Mme Philpott, dans une entrevue accordée au magazine Maclean’s. « Je crois que l’ancienne procureure générale a des choses à ajouter. […] il y a des enjeux qui me tracassent, moi aussi, et je ne suis pas libre d’en faire part », a déploré l’ancienne présidente du Conseil du Trésor, qui a démissionné dans la foulée des allégations de Jody Wilson-Raybould. « S’il n’y a rien de mal qui s’est passé, alors pourquoi ne lève-t-on pas le secret professionnel sur toute cette affaire et ne permet-on pas à ceux qui ont des choses à dire de s’exprimer et de faire connaître leur histoire ? »

De passage à Mississauga, Justin Trudeau a de nouveau rejeté la possibilité d’élargir le décret qui a relevé Mme Wilson-Raybould de son secret professionnel, indiquant qu’il lui avait permis de s’exprimer. « L’enjeu, c’est la pression autour de l’affaire SNC-Lavalin lorsqu’elle était procureure générale. Et elle a pu en parler pleinement », a tranché le premier ministre.

Impatience libérale

Certains collègues de Mmes Philpott et Wilson-Raybould sont contrariés de voir celles-ci continuer de leur causer du tort, à sept mois de l’élection fédérale.

L’élue ontarienne Judy Sgro a martelé que les députées devraient s’exprimer une fois pour toutes aux Communes, où elles sont protégées par le privilège parlementaire. « Il n’y a absolument aucune raison de continuer d’avoir ces sous-entendus. » John McKay, un député ontarien de longue date lui aussi, estime pour sa part que rien ne les empêche de se confier aux médias.

Le décret du gouvernement Trudeau libère Mme Wilson-Raybould de son secret professionnel quant aux conversations qu’elle a tenues sur SNC-Lavalin lorsqu’elle était ministre de la Justice, mais dans le but d’en faire part au Comité de la justice et au Commissaire à l’éthique.

Les conservateurs réclament que le gouvernement lève la totalité de son secret professionnel, de même que celui de Mme Philpott. Les néodémocrates demandent la tenue d’une enquête publique d’ici l’élection.

4 commentaires
  • Nicole Delisle - Abonné 22 mars 2019 01 h 18

    Y aurait-il un pacte?

    À voir ces deux députés agir de façon aussi « organisée » pour mettre leur parti dans l’embarras et déchaîner la colère des partis de l’opposition, tout en voulant rester au sein de leur parti et vouloir se représenter aux prochaines élections, on ne peut que penser qu’il y a une entente secrète entre elles pour pousser leur chef
    à démissionner et que l’une d’entre elles se place sur les rangs pour le remplacer. Elles semblent en vouloir
    beaucoup à Justin Trudeau et comme ce sont de grandes amies, dit-on, se peut-il qu’elles aient élaboré
    un plan dans ce sens? En tout cas, tous les événements des dernières semaines le laissent imaginer! Elles disent partager les valeurs libérales, mais ne manquent pas une occasion pour éterniser « l’affaire SNC Lavalin ». C’est donc le chef qu’elles visent et ne se préoccupent nullement du tort aux collègues et du tort
    aux milliers de travailleurs qui sont à l’emploi de SNC Lavalin et qui n’ont rien à se reprocher! En moussant ainsi les partis de l’opposition à poursuivre leur harcèlement sur l’affaire et en utilisant même des moyens
    enfantins et dégradants pour la population qui les regarde, leur but apparaît de plus en plus évident. Qui pensent-elles convaincre en voulant expliquer « toute leur vérité »? En voulant laver plus blanc que blanc,
    elles démontrent seulement que les femmes en politique peuvent jouer aussi dur que les hommes. Si c’est de cette façon, qu’elles veulent nous convaincre que l’on peut faire de la politique autrement, et bien elles manquent une belle occasion de nous le démontrer. Assez pitoyable et de bien mauvais goût! Cette histoire a assez duré et il est temps de tourner la page pour le bien de leur parti, des électeurs, et des travailleurs qui souffrent de la mauvaise publicité!

    coup!

    • Serge Lamarche - Abonné 23 mars 2019 02 h 01

      Je trouve aussi qu'elles font pas mal de misères pour des prunes. JWR a eu quatres heures pour dire ce qu'elle voulait. Si elle n'a pas trouvé le temps en quatres heures, combien de temps lui faut-il? En moins de deux heures on a des histoires de vies assez complètes dans les films...

  • Yvon Pesant - Abonné 22 mars 2019 06 h 25

    Le secret professionnel

    Le secret professionnel, dans le monde du crime organisé, cela s’appelle « omerta ».

    Au Parti Libéral du Canada, ça commence à y ressembler beaucoup dans cette histoire SNC-PLC. On aimerait bien savoir pourquoi, nous aussi, les gens qui en faisons les frais.

  • Claude Lamontagne - Abonné 22 mars 2019 14 h 33

    Une soif de pouvoir insatiable ou être au service de la justice pour le plus grand nombre ?

    Il y avait deux possibilités dans l'affaire SNC-LAVALLIN en tant que personne morale : 1- des poursuites criminelles pénales, 2- un Accord de Poursuite Suspendue (APS).

    La pratique courante internationale et majoritaire va dans le sens d'un Accord de Poursuite Suspendue (APS) ou Accord de réparation (Cf. : article d'Hélène Buzetti du 22 mars 2019, « Les ententes de réparation sont populaires… et payantes ».).

    Est-il possible que tant de pays civilisés et démocratiques qui vont dans le sens des Accords de réparation, ne pratiquent pas à un niveau minimal et acceptable la vertu de justice qui est au fondement même de toute vie démocratique ? Est-il possible qu'ils soient tous des pays véreux et corrompus ?

    Par ailleurs, quelques personnes peuvent-elles prétendre être, à toute fin pratique, les seules à posséder la vérité et à pratiquer la vertu de justice que commande une saine vie démocratique ? C'est peut-être possible, mais ce serait tout de même étonnant !

    La soif insatiable du pouvoir permet de détruire efficacement et en pure perte bien des personnes et bien des structures démocratiques, sociales, culturelles, économiques, politiques, etc. très valables. Une fois, qu'on a détruit que fait-on par la suite... ? Ne tente-t-on pas de reconstruire à son image et à sa ressemblance parce qu'on possède la vérité, la seule et unique vérité.

    La pratique de la vertu de justice en saine démocratie ne commamde-t-elle pas la poursuite de la sauvegarde des diverses structures de cette démocratie, ainsi que la poursuite du plus grand bien pour tous les citoyens qui font partie de cette démocratie ? N'y aurait-il pas ici matière à une saine réflexion plutôt qu'à un parti pris aveugle ?

    Enfin dans un conflit, le voyeurisme infantile et malsain ne serait-il pas porté à vouloir tout savoir en détail afin qu'aucun élément croustillant ne lui échappe ? Pour faire quoi avec ces éléments croustillants ? Pour s'en repaître gloutonnement... ? Puis après... ? Il faudra b