Des mesures budgétaires attendues

Dans leur nouveau budget, les libéraux débloquent 4,5 milliards de dollars pour les Premières Nations.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Dans leur nouveau budget, les libéraux débloquent 4,5 milliards de dollars pour les Premières Nations.
Des milliards pour les Premières Nations
Les libéraux de Justin Trudeau profitent du dernier budget de leur mandat pour se montrer à nouveau sensibles à la cause des Premières Nations. Ils y débloquent plus de 4,5 milliards de dollars sur cinq ans pour favoriser notamment l’accès à l’eau potable, aux services de santé et à l’éducation. Le budget 2019-2020 contient 739 millions de dollars supplémentaires sur cinq ans et 185 millions annuellement par la suite afin de procéder à des réparations urgentes des réseaux d’aqueduc et ainsi améliorer l’accès à l’eau potable au sein des communautés des Premières Nations. Ottawa prévoit également 1,2 milliard de dollars sur trois ans pour aider les enfants des Premières Nations à accéder à différents services, comme de l’orthophonie, du soutien à l’enseignement, des équipements médicaux et des services en santé mentale. Le gouvernement Trudeau débloque 333 millions sur cinq ans et 115 millions lors des années suivantes pour permettre la mise en oeuvre d’un projet de loi qu’il a déposé en février dernier visant à restituer, revitaliser, conserver et renforcer les langues autochtones. Cet argent soutiendra par ailleurs le projet de bureau de commissaire aux langues autochtones. Le budget contient aussi des sommes récurrentes réservées à la protection contre les incendies, à l’intervention en cas d’urgence ou encore au soutien des Premières Nations qui veulent mener des recherches et élaborer leurs revendications particulières. Les quelque 4,5 milliards d’argent frais contenus dans le budget 2019-2020 s’ajoutent aux 16,8 milliards annoncés depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux en 2015.

Encadrer la protection des retraites
Les retraités dont l’employeur déclare faillite n’ont pas le statut de créanciers garantis mais Ottawa cherche des façons de mieux protéger les rentes en cas de difficultés. Dans la foulée d’une récente consultation ayant récolté 4400 commentaires, le budget déposé mardi soulève quelques pistes de solution, dont l’imposition d’une exigence forçant « toutes les parties concernées » à agir de bonne foi. De plus, le gouvernement veut que les tribunaux puissent scruter les sommes versées à la direction des entreprises « dans les jours » menant à l’insolvabilité. Les sociétés de régime fédéral inscrites en Bourse devront également divulger leur politique de rémunération des hauts dirigeants, ou expliquer l’absence d’une telle politique.

550 millions de plus pour Phénix
La facture du système de paie Phénix continue de s’alourdir. Le budget prévoit une nouvelle enveloppe de 554 millions pour tenter de régler pour de bon les problèmes de paie vécus par des dizaines de milliers de fonctionnaires fédéraux. Et ce, sur un horizon de cinq ans — ce qui ne laisse pas présager la fin prochaine de cette saga. Ottawa mettra la quasi-totalité de ces fonds (336 millions) en 2019-2020, espérant ainsi parvenir à reprendre le dessus sur les arriérés de dossiers. Ces sommes s’ajoutent au milliard de dollars déjà investi pour installer Phénix et gérer ses complications qui ont suivi. Le gouvernement fédéral espérait au départ économiser 100 millions par année. Le budget ne précise toujours pas de date de migration vers un nouveau système de paie fédéral.

Nouveau rabais sur les véhicules électriques
Le gouvernement fédéral instaure un nouveau rabais pouvant atteindre 5000 $ à l’achat d’un véhicule électrique ou à hydrogène de moins de 45 000 $. Transports Canada bénéficiera d’une enveloppe de 300 millions de dollars sur trois ans pour mettre en place cet incitatif, dont les détails seront annoncés prochainement. Le rabais fédéral pourra s’ajouter à celui déjà offert au Québec sur les véhicules 100 % électriques et hybrides rechargeables. Ce dernier peut atteindre 8000 $ et s’applique aux véhicules de moins de 75 000 $. Depuis que l’Ontario a mis fin à son rabais pouvant atteindre 14 000 $ en septembre dernier, le Québec et la Colombie-Britannique sont les deux seules provinces canadiennes à en offrir un. Dans son budget, le gouvernement Trudeau tente également de convaincre les entreprises d’acheter des véhicules électriques, hybrides rechargeables ou à hydrogène en les rendant admissibles à une déduction fiscale complète l’année où ils sont mis en service. « Par exemple, une compagnie de taxis ou un exploitant d’autobus scolaires pourra recouvrer plus rapidement ses investissements dans des véhicules zéro émission admissibles », note-t-on. Ottawa débloque par ailleurs 1 million de dollars par an au cours des cinq prochaines années pour que Transports Canada collabore avec les constructeurs automobiles afin que l’offre de véhicules électriques réponde à l’augmentation de la demande. Le budget évoque cependant des « cibles volontaires » de vente de véhicules zéro émission.