Un soutien pour la formation en cours de carrière

Le gouvernement libéral veut permettre aux Canadiens de s’adapter à l’évolution rapide du monde du travail en leur donnant un coup de pouce pour financer une formation en cours de carrière et pour payer leurs dépenses quotidiennes pendant leur retour sur les bancs d’école.

Ottawa dépensera 1,7 milliard de dollars au cours des cinq prochaines années et plus de 580 millions annuellement par la suite pour instaurer l’Allocation canadienne pour la formation, qui comprend à la fois un crédit pour la formation non imposable et une prestation pour couvrir des dépenses courantes.

Dès cette année, les travailleurs de 25 à 64 ans dont le revenu annuel est supérieur à 10 000 $ et inférieur à 150 000 $ accumuleront un solde de crédits de 250 $ par année, jusqu’à un plafond total de 5000 $ à vie. Ces crédits accumulés pourront être utilisés à partir de 2020 pour payer la moitié des coûts d’une formation reconnue. Les travailleurs pourront demander le remboursement au moment de produire leur déclaration de revenus.

1,7 milliards
Somme consacrée sur cinq ans à la formation en cours de carrière

Salaire couvert en partie

La nouvelle prestation sera quant à elle offerte dans le cadre du programme d’assurance-emploi à partir de la fin de 2020. Elle permettra de couvrir 55 % du revenu du travailleur en formation pendant un maximum de quatre semaines. Le calcul de la prestation s’appuiera sur le salaire moyen touché lors des 14 à 22 semaines précédentes.

Par exemple, un travailleur admissible aura accumulé 1000 $ de crédits après quatre ans. Il pourra alors s’en servir pour payer une formation de 2000 $ ou plus et toucher 55 % de son salaire pendant un maximum de quatre semaines au moment où il s’absentera du travail.

Pour dédommager les employeurs, le gouvernement instaure par ailleurs une réduction des cotisations d’assurance-emploi pour les petites entreprises, qui n’est pas encore chiffrée.

Le gouvernement fédéral compte maintenant consulter les provinces et territoires sur des changements qui peuvent être apportés aux lois afin d’éviter que des travailleurs qui choisissent de s’absenter pour suivre une formation soient pénalisés ou craignent de perdre leur emploi.

Accueil tiède

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), qui représente plus de 100 000 PME à travers le Canada, est favorable à l’idée de former les travailleurs en cours de carrière, mais elle craint que des employés profitent du crédit pour ensuite se trouver un autre emploi.

« Si l’employeur a une obligation de maintenir le lien d’emploi avec l’employé, on souhaiterait que les formations fassent l’objet d’une approbation explicite de l’employeur », affirme sa porte-parole, Martine Hébert.

Ne pas pénaliser les plus âgés

Le budget 2019-2020 du gouvernement Trudeau favorise également la participation des Canadiens plus âgés au marché du travail en bonifiant à 15 000 $ l’exemption complète ou partielle des gains du supplément de revenu garanti (SRG).

Cette modification aura pour effet de réduire le revenu utilisé pour calculer les prestations du SRG, et donc d’inciter les prestataires à demeurer sur le marché du travail sans craindre d’y perdre au change.

Le supplément de revenu garanti fournit un paiement mensuel non imposable aux Canadiens de 65 ans et plus ayant un faible revenu.