Immobilier: coup de pouce aux premiers acheteurs

Le gouvernement fédéral veut stimuler la construction de logements abordables tout en offrant un appui financier aux acheteurs d’une première propriété.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le gouvernement fédéral veut stimuler la construction de logements abordables tout en offrant un appui financier aux acheteurs d’une première propriété.

Aux prises avec un marché immobilier qui lui donne encore du fil à retordre dans certaines régions, le gouvernement Trudeau veut stimuler encore une fois la construction de logements abordables tout en offrant un appui financier aux acheteurs d’une première propriété.

Par l’entremise de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), Ottawa va permettre à ces acheteurs de souscrire à un prêt hypothécaire totalisant 10 % d’une nouvelle propriété ou 5 % d’une propriété existante afin d’augmenter la mise de fonds qu’ils avaient l’intention de faire. Ils n’auraient pas à effectuer des versements mensuels sur ce prêt additionnel et pourraient rembourser le prêt seulement à la revente, mentionne le budget Morneau.

Du coup, l’accès à ce financement supplémentaire « réduirait les versements mensuels nécessaires pour acheter une habitation », promet Ottawa. « Cela donnerait aux acheteurs d’une première habitation davantage de flexibilité pour l’achat d’une maison et la gestion de ses coûts permanents. »


La SCHL va fournir aux acheteurs admissibles jusqu’à 1,25 milliard sur trois ans pour ce programme, auquel pourraient participer environ 100 000 premiers acheteurs, estime le gouvernement Trudeau. Les règles prévoient toutefois que les ménages admissibles devront avoir un revenu inférieur à 120 000 $ par année. De plus, « l’hypothèque assurée du participant et le montant de l’incitatif ne peuvent pas représenter plus de quatre fois le revenu annuel du participant ».

Par exemple, pour une nouvelle résidence de 400 000 $, l’effet combiné d’une mise de fonds de 5 % et d’un prêt additionnel de 10 % pourrait diminuer l’ensemble du prêt hypothécaire requis. Dans le cas d’un prêt de 25 ans à 3,5 %, cela ferait passer le coût mensuel de 1973 $ à 1745 $.

Invité à dire si cela n’allait pas contribuer à faire grimper les prix de l’immobilier, et donc accroître encore davantage les difficultés d’accessibilité, le ministre des Finances a répondu que cela ne sera pas le cas et que les acheteurs vivent actuellement des problèmes réels. Le gouvernement fédéral a mis en oeuvre un train de mesures au cours des dernières années afin de freiner la hausse rapide des prix dans certains marchés urbains, dont Toronto et Vancouver.

 
7%
Part de l’industrie de l’habitation dans le PIB canadien

Ottawa propose aussi de faire passer de 25 000 $ à 35 000 $ le montant qu’un acheteur peut piger dans son REER en vertu du Régime d’accession à la propriété.

Selon l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), les mesures touchant le logement « auront un effet positif sur le dynamisme de l’industrie de l’habitation », qui compte pour 7 % du PIB canadien.

Logement abordable

En ce qui concerne le marché locatif, le programme de quatre ans lancé en 2017 afin de faciliter la construction de logements sera prolongé jusqu’en 2027-2028. Ottawa espère ainsi voir l’apparition de 42 500 nouveaux logements un peu partout au pays.

Le programme consiste essentiellement à offrir des taux avantageux aux constructeurs qui empruntent, ceux-ci devant toutefois se conformer à des critères d’abordabilité et d’accessibilité avant d’entamer la construction des logements. Le gouvernement Trudeau croit que cela permettra aux constructeurs d’avoir accès à du financement totalisant 10 milliards. Pour Ottawa, il s’agira d’une dépense de 830 millions sur 19 ans, à compter de 2019-2020.