Le vice-président du parlement catalan invité par le Bloc québécois

Le premier vice-président du parlement de Catalogne, Josep Costa
Photo: Carsten Rehder / dpa / Archives / Agence France-Presse Le premier vice-président du parlement de Catalogne, Josep Costa

Pour une rare fois, ce ne sont pas les délégués de Gaspésie, d’Abitibi ou de la Côte-Nord qui ont fait le plus long voyage pour participer au congrès du Bloc québécois cette fin de semaine à Sorel-Tracy. Un invité de Catalogne a accepté de se joindre à l’événement par solidarité indépendantiste.

Premier vice-président du parlement de Catalogne, Josep Costa, dit observer la politique québécoise depuis très longtemps en raison de la lutte similaire que son peuple mène pour s’affranchir de l’Espagne.

Il dit avoir suivi avec intérêt les résultats des référendums tenus au Québec. « Deux expériences très intéressantes pour notre démarche », souligne-t-il.

Plus particulièrement, c’est la réaction des institutions canadiennes face à ces exercices démocratiques que M. Costa aimerait voir imiter par Madrid. « Notamment la Cour suprême qui a statué que le Québec a le droit d’organiser des consultations populaires. Nous aimerions bien pouvoir obtenir cette même reconnaissance chez nous », mentionne celui qui siège comme indépendant.

À la suite du référendum remporté aisément par les indépendantistes, mais saboté par Madrid qui n’a jamais voulu reconnaître le résultat, tout le gouvernement de Catalogne a dû s’enfuir hors du pays ou faire face à la justice.

« Ils font face à une peine maximale de 25 ans de prison, alors qu’il n’y a évidemment pas de crime ! Même selon la loi espagnole, rien n’indique que de tenir un référendum est un crime. C’était le cas auparavant, mais la loi a été changée en 2005 », dénonce Josep Costa.

« Ils ont inventé qu’il s’agissait d’une rébellion. Ils traitent notre référendum de la même manière que le coup d’État armé de 1981, ça ne fait aucun sens ! », renchérit le politicien qui s’adresse à toutes les tribunes à travers le monde pour appeler la communauté internationale à intervenir dans le conflit.

Josep Costa souhaite qu’une médiation organisée par la communauté européenne, par exemple, puisse faire entendre raison à l’Espagne et lui dise qu’elle ne peut pas retenir les Catalans de force.

« Le fait que ces politiciens élus se retrouvent en prison pour avoir fait un exercice démocratique est une honte », s’insurge-t-il. Selon lui, le débat ne porte même plus sur l’indépendance, mais carrément sur le respect de la démocratie et des droits de la personne.

Le vice-président du parlement de Catalogne insiste sur le fait que la région autonome n’a même pas demandé officiellement la reconnaissance de son indépendance. Elle n’en a pas eu l’occasion.

« Tout ce que l’on veut, c’est avoir la chance de tenir un référendum exécutoire, conforme, et reconnu par les deux camps pour permettre aux Catalans de décider de leur avenir », réclame-t-il depuis le hall d’entrée de la salle Jani-Ber à Sorel-Tracy, Québec.