Les nationalistes sont les bienvenus au NPD, assure Jagmeet Singh

Jagmeet Singh, lors d’une conférence de presse mercredi à Ottawa
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Jagmeet Singh, lors d’une conférence de presse mercredi à Ottawa

Le chef du Nouveau Parti démocratique ne voit pas de problème à accueillir dans ses rangs Nima Machouf, l’épouse de l’ex-député provincial Amir Khadir et elle aussi militante du parti souverainiste Québec solidaire. Jagmeet Singh accepte que des nationalistes se joignent à lui au Québec dans la mesure où ils acceptent l’orientation fédéraliste de la formation fédérale.

« On est très contents d’avoir cet intérêt d’une candidate extraordinaire », a lancé M. Singh lors d’une conférence de presse à Ottawa. Le Devoir a révélé mardi que Mme Machouf sera candidate à l’investiture néodémocrate dans la circonscription montréalaise de Laurier–Sainte-Marie, afin de remplacer la députée Hélène Laverdière qui prend sa retraite politique. D’autres candidats pourraient se présenter contre Mme Machouf, mais l’establishment du parti sera derrière elle.

Mme Machouf est peu connue en politique, mais sur sa page Facebook, elle arborait encore mercredi matin un logo de Québec solidaire (QS). Ce parti est officiellement pour l’indépendance du Québec. En conférence de presse, Mme Machouf a d’ailleurs confirmé être toujours membre de QS et qu’elle continuera à militer pour le parti de gauche. Sur la question de l’indépendance du Québec, elle a spécifié que c’est plutôt un projet auquel adhère son mari, Amir Khadir. « Moi, j’ai choisi d’autres batailles. Le projet d’une société progressiste me passionne plus et je me concentre sur d’autres genres de luttes, comme celles qui sont sociales, pour l’environnement et pour l’égalité », a-t-elle fait valoir. Questionnée sur le même sujet en anglais, elle a rappelé qu’elle s’embarquait dans une formation politique fédérale où la question de l’indépendance ne se pose actuellement pas. « Je ne suis pas tant ça [souverainiste] », a-t-elle ajouté.

Les Québécois sont fiers de faire partie d’une nation. [...] Mais notre valeur pour le pays, c’est un pays uni, et c’est la valeur comme néodémocrate.

 

Mme Machouf a également rappelé son implication sur la scène municipale avec la formation Projet Montréal dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Elle a été élue en 2009, lors de la première victoire du maire Luc Ferrandez. Puisque le chef de l’époque, Richard Bergeron, avait été battu à la mairie, elle lui avait cédé sa place à titre de colistière.

Virage progressiste

L’épidémiologiste, qui travaillait pour la clinique L’Actuel dans le Village gai de Montréal, a expliqué que son saut en politique a été motivé par l’urgence d’effectuer un virage progressiste.

Mme Machouf s’est dite consciente « de la pente à remonter » pour les néodémocrates.

« Je suis une battante, j’ai été de plusieurs causes difficiles dans ma vie et ça ne m’inquiète absolument pas. Je suis convaincue qu’on va pouvoir convaincre la population de l’importance de prendre un virage progressiste à l’heure où on est », a-t-elle souligné.

Pour le chef Jagmeet Singh, l’engagement politique de Mme Machouf au provincial ne pose pas problème.

« Notre position comme parti, c’est un Canada uni, a-t-il expliqué plus tôt dans la journée. On est ouverts aux opinions des gens qui partagent des valeurs nationalistes parce qu’il y a ce sentiment au Québec. Les Québécois sont fiers de faire partie d’une nation. C’est une chose avec laquelle on est tellement d’accord. Mais notre valeur pour le pays, c’est un pays uni, et c’est la valeur comme néodémocrate. »

Un Canada uni

Craint-il que le recrutement d’un élément nationaliste dans ses rangs puisse nuire au NPD ailleurs au Canada ? « Ça va montrer qu’au Québec, on a toujours une base forte », a-t-il répondu, avant d’ajouter que, « comme néodémocrate, notre position comme parti, c’est un Canada uni. On est toujours ouverts aux gens qui partagent des valeurs qui sont les nôtres, donc je ne vois aucun problème avec la candidature de cette nouvelle candidate ».

En 2011, la vague orange avait conduit à Ottawa un grand nombre de Québécois auparavant inconnus en politique, dont les allégeances avaient été scrutées à la loupe.

Alexandre Boulerice, qui a été promu chef adjoint du NPD lundi, avait reconnu avoir voté oui au référendum de 1995. Il avait déclaré que sa position avait évolué depuis, mais les conservateurs l’avaient attaqué en découvrant qu’il avait fait un don de 150 $ à Québec solidaire en 2012. Nycole Turmel, alors députée de Hull-Aylmer, avait été détentrice d’une carte de membre du Bloc québécois pendant plus de quatre ans. Ces cas avaient amené les conservateurs à étiqueter le NPD de « Bloc orange ».