Justin Trudeau «en désaccord» avec le témoignage de Jody Wilson-Raybould

Le premier ministre Justin Trudeau
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau

Le premier ministre Justin Trudeau se dit « en désaccord » avec le témoignage de l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould.

M. Trudeau avoue avoir discuté du dossier de SNC-Lavalin avec son ancienne procureure générale étant donné les 9000 emplois en jeu. Il dit toutefois qu’il revenait à l’ancienne procureure générale du Canada de trancher dans ce dossier.

« Je continue de maintenir, comme je l’ai fait depuis le début, que moi et mon personnel avons toujours agi de façon appropriée et professionnelle, a déclaré M. Trudeau, de passage mercredi soir au Collège Jean-de-Brébeuf, à Montréal. Je ne suis absolument pas d’accord avec les conclusions de l’ancienne procureure générale. »

Le premier ministre a refusé de dire s’il montrerait la porte du caucus libéral à Jody Wilson-Raybould ou s’il la laisserait briguer un nouveau mandat lors des élections de 2019 sous la bannière libérale. Il a dit qu’il allait « prendre le temps » d’écouter le témoignage de l’ex-procureure générale.

Le premier ministre s’exprimait mercredi soir au collège Jean-de-Brébeuf devant des bénévoles pour les féliciter de leur travail dans la victoire de la libérale Rachel Bendayan lors de la partielle à Outremont.

Scheer demande la démission de Trudeau

Un peu plus tôt, à la suite du témoignage de Mme Wilson-Raybould, le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a sommé le premier ministre Trudeau de démissionner.

« Justin Trudeau ne peut simplement pas continuer de gouverner cette grande nation maintenant que les Canadiens savent ce qu’il a fait, a lancé M. Scheer mercredi soir. C’est pourquoi je demande à Justin Trudeau de démissionner. »

Il suggère aussi à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) d’ouvrir une enquête sur l’affaire SNC-Lavalin, si ce n’est déjà fait. Selon M. Scheer, le premier ministre Trudeau a perdu la confiance des Canadiens en raison de son ingérence auprès de l’ex-ministre de la Justice.

« Le témoignage que nous venons d’entendre de l’ancienne procureure générale Jody Wilson-Raybould nous a raconté l’histoire d’un premier ministre qui a perdu l’autorité morale de gouverner, a ajouté le chef Conservateur. Un premier ministre qui laisse ses motivations politiques partisanes passer devant son devoir de faire respecter la loi. »

En réponse à la sortie du chef conservateur, M. Trudeau a lancé que « les Canadiens aura un choix à faire » aux élections d’automne, qualifiant au passage l’actuel PCC du « parti de Stephen Harper ».

Mme Wilson-Raybould a déclaré un peu plus tôt mercredi avoir fait l’objet de pressions « constantes et soutenues » de la part du bureau du premier ministre, du bureau du Conseil privé et du bureau du ministre des Finances pour éviter un procès pour fraude à SNC-Lavalin.

Le chef néodémocrate, Jagmeet Singh, exige pour sa part une enquête publique nationale à la suite du témoignage « crédible » de l’ancienne procureure générale du Canada.

Celui qui a été élu plus tôt cette semaine affirme que le premier ministre devrait « peut-être » démissionner, mais que le plus important est de savoir ce qui s’est véritablement passé. Le député du Bloc québécois, Rhéal Fortin, a aussi demandé une enquête publique dans cette affaire.