Les Québécois perplexes face au dossier SNC-Lavalin, selon un sondage

Le sondage montre par ailleurs qu’une majorité de gens (55 %) ne croient pas le premier ministre Trudeau (à l’effet qu’il n’aurait pas fait pression).
Photo: Sean Kilpatrick Archives La Presse canadienne Le sondage montre par ailleurs qu’une majorité de gens (55 %) ne croient pas le premier ministre Trudeau (à l’effet qu’il n’aurait pas fait pression).

Il n’y a pas que les partis politiques fédéraux que le dossier SNC-Lavalin divise: les Québécois sont aussi perplexes et partagés quant à la conduite qu’a — ou que devrait avoir — le gouvernement Trudeau dans cette affaire, révèle un sondage.

Mené pour Cogeco tout juste avant la démission du conseiller Gerald Butts, le coup de sonde de la firme Mainstreet montre que 49 % des répondants pensaient à ce moment que le gouvernement canadien ne devrait pas offrir un accord de poursuite suspendue (APS) à SNC-Lavalin. Quelque 40 % croient que oui, alors que 10 % ne savent pas.

De même, 52 % des répondants sont d’accord avec l’idée que le gouvernement devrait considérer les impacts économiques possibles d’un procès contre SNC-Lavalin dans sa décision de lui accorder — ou pas — un APS. Par contre, 23 % répondent non à cette même question, et 25 % ne savent pas quoi répondre.

La polémique qui secoue Ottawa découle de la décision de la directrice des poursuites pénales du Canada de ne pas inviter SNC-Lavalin à négocier un tel accord, ce qui aurait permis à l’entreprise d’éviter de subir son procès pour corruption du gouvernement libyen. Le ministre de la Justice peut renverser cette décision, suivant un processus qui prévoit une publication dans la Gazette du Canada.

Selon ce que le Globe and Mail avançait il y a deux semaines, le cabinet de Justin Trudeau aurait fait pression sur l’ancienne ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, pour qu’elle offre à SNC-Lavalin de négocier un APS. Son refus de le faire aurait mené à sa rétrogradation au sein du conseil des ministres, pensent notamment les partis d’opposition.

Le sondage montre aussi qu’une majorité de gens (55 %) ne croient pas le premier ministre Trudeau (à l’effet qu’il n’aurait pas fait pression), alors que 24,5 % achètent sa version et que 21 % ne savent pas. Environ 36 % des répondants se disent satisfaits du travail de M. Trudeau dans ce dossier, alors que 50 % sont au contraire insatisfaits.

Le dossier SNC-Lavalin était connu de 76 % des répondants.

Intentions de vote

Tout compte fait, le dossier n’empêche toutefois pas les libéraux de dominer les intentions de vote, qui «demeurent solides en sol québécois», selon Luc Fortin, président de Recherche Mainstreet pour la division du Québec. «Les adversaires de Justin Trudeau semblent peu profiter de l’histoire concernant SNC-Lavalin.»

Le sondage crédite ainsi les libéraux de 34,5 % des intentions de vote, loin devant les conservateurs (18,2 %), le Bloc québécois (14,9 %) et le NPD (7,2 %). Le Parti populaire de Maxime Bernier serait à 3,8 %. Notons néanmoins que la polémique autour du dossier n’a pas faibli depuis la tenue du sondage, mené dimanche dernier.

À l’échelle nationale, un sondage en ligne de Léger effectué pour le compte de La Presse canadienne plaçait mercredi les conservateurs en tête à 36 % des intentions de vote, contre 34 % pour les libéraux.

Le sondage Mainstreet a été mené auprès de 979 Québécois le 17 février (soit la veille de la démission du bras droit de Justin Trudeau, Gerald Butts). Mainstreet travaille avec un système de réponse vocale interactif (sondage téléphonique automatisé) — une méthodologie qui a ses critiques. La firme établit à plus ou moins 3,1 % la marge d’erreur, dans 19 cas sur 20.