«Ma vérité»: Trudeau ne commentera pas les propos de Wilson-Raybould

<p>L'un des premiers témoins à comparaître: le ministre de la Justice et procureur général, David Lametti.</p>
Photo: Adrian Wyld Archives La Presse canadienne

L'un des premiers témoins à comparaître: le ministre de la Justice et procureur général, David Lametti.

Le premier ministre Justin Trudeau a décliné jeudi l’invitation de réagir aux commentaires formulés par Jody Wilson-Raybould la veille à la Chambre des communes.

L’ex-ministre de la Justice et procureure générale a semblé décocher une flèche à l’intention du premier ministre, qui était assis tout près d’elle, mercredi.

Lorsqu’elle a pris la parole afin d’expliquer pourquoi elle s’abstenait de voter sur une motion réclamant une enquête publique, elle a dit espérer avoir «l’occasion de donner [sa] vérité».

L’ancienne ministre a pris soin de préciser qu’il ne lui revenait pas «de lever le secret professionnel et la confidentialité» — ce qui est du ressort, selon plusieurs, du premier ministre.

Le commentaire de Mme Wilson-Raybould a déclenché un tonnerre d’applaudissements dans les banquettes de l’opposition.

Lorsque Justin Trudeau s’est fait demander si ce commentaire avait refroidi le rapprochement qui semblait s’être opéré, il n’a pas répondu clairement.

«On continue d’avoir un parti uni. On travaille ensemble pour livrer de façon concrète pour les Canadiens [...] On va continuer de travailler ensemble avec tous les députés du Parti libéral du Canada», a-t-il offert en marge d’une annonce en Nouvelle-Écosse, jeudi.

Le premier ministre a par ailleurs souligné que le secret professionnel était «un élément clé de notre système de justice», et qu’il y avait «des conséquences potentielles sérieuses» à le lever.

Examen du comité

Le comité permanent de la justice et des droits de la personne amorce jeudi son examen de l’affaire SNC-Lavalin.

Le premier témoin sera le ministre de la Justice et procureur général, David Lametti.

On ignore si sa comparution sera utile aux députés. «Je vais dire ce que je peux dire. Évidemment, je ne peux pas dire ce que je ne peux pas dire», affirmait-il mercredi.

Les élus du comité pourront également interroger Michael Wernick, greffier du conseil privé, ainsi que Nathalie Drouin, sous-ministre à la Justice.

Mais c’est sans contredit le témoignage de l’ex-ministre Wilson-Raybould qui est le plus attendu, et ce, même si l’on ignore ce qu’elle pourra dire.

Elle devrait comparaître la semaine prochaine.

D’après Anthony Housefather, qui préside le comité, elle pourrait être accompagnée de l’ancien juge de la Cour suprême Thomas Cromwell, qui la conseille sur le secret professionnel.

«Peut-être qu’elle sera accompagnée de M. Cromwell, je ne suis pas certain, mais elle va avoir un excellent avis juridique, j’imagine, avant qu’elle décide de venir», a-t-il exposé mercredi.

Les partis d’opposition estiment que l’examen du comité parlementaire est insuffisant pour faire la lumière sur cette histoire.

Ils ont réclamé la tenue d’une enquête publique via une motion qui a été battue en Chambre, mercredi, par les libéraux majoritaires.