Une décision retardée pour Trans Mountain?

L’impact de l’expansion de l'oléoduc Trans Mountain sur les épaulards résidents du sud — dont seulement 74 espèces subsistent — est au centre des discussions. 
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne L’impact de l’expansion de l'oléoduc Trans Mountain sur les épaulards résidents du sud — dont seulement 74 espèces subsistent — est au centre des discussions. 

L’Office national de l’énergie (ONÉ) dira vendredi à Ottawa s’il estime toujours qu’il devrait y avoir expansion de l’oléoduc controversé Trans Mountain, mais le dernier mot du cabinet Trudeau sur l’avenir du projet ne devrait pas intervenir avant l’été.

L’ONÉ réévalue l’impact du projet sur la vie marine, y compris les épaulards vivant au large de Vancouver — qu’on appelle les épaulards résidents du sud et qui sont en voie de disparition —, après que la Cour d’appel fédérale eut statué l’année dernière que l’approbation de l’ONÉ en 2016 n’avait pas pris en compte de manière appropriée les impacts sur les épaulards de la présence de navires pétroliers additionnels dans les eaux.

Après la livraison du rapport, le cabinet aura 90 jours pour décider si le projet controversé sera mis en oeuvre — un délai qui pourrait déjà être repoussé, selon les responsables.

En plus de l’évaluation de l’ONÉ, le ministre des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi, a ordonné une nouvelle série de consultations avec les communautés autochtones. Ces consultations ont commencé en octobre et 70 communautés ont maintenant rencontré des équipes fédérales, mais il reste plus de 60 communautés qui ne l’ont pas encore fait.

Il n’y a aucune date limite pour la tenue de ces consultations, mais des responsables du bureau de M. Sohi ont dit à La Presse canadienne qu’une décision définitive sur le projet ne serait pas prise tant qu’elles ne seront pas finies.

Le gouvernement Trudeau subit des pressions pour conclure ce dossier avant les élections de l’automne. Ottawa est aussi contraint d’agir étant donné qu’il a acheté l’oléoduc pour la somme de 4,5 milliards de dollars en août.

L’impact de l’expansion sur les épaulards résidents du sud — dont seulement 74 espèces subsistent — est au centre des discussions. Les écologistes disent que l’oléoduc rendra leur rétablissement presque impossible.

En 2016, l’Office national de l’énergie a conclu que l’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain « entraverait davantage » le rétablissement des épaulards, mais a néanmoins donné son feu vert au projet.

Le Plan de protection des océans, dévoilé en 2016, comprend de nouvelles zones protégées pour les baleines, des mesures pour le rétablissement de leur principale source de nourriture, le saumon quinnat, ainsi que des plans pour réduire le bruit des bateaux qui passent chaque année près des baleines. Le plan n’était pas en place lorsque l’ONÉ a examiné le projet pour la première fois.