Palestine: Svend Robinson appelle à faire pression sur Israël

Svend Robinson a déjà commencé à faire du porte-à-porte et il donnera un coup de main à son chef Jagmeet Singh, qui tente de se faire élire dans la circonscription voisine de Burnaby-Sud lors de la partielle du 25 février prochain.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Svend Robinson a déjà commencé à faire du porte-à-porte et il donnera un coup de main à son chef Jagmeet Singh, qui tente de se faire élire dans la circonscription voisine de Burnaby-Sud lors de la partielle du 25 février prochain.

Il tentera cet automne un retour en politique fédérale après 15 années d’absence, mais Svend Robinson assure ne pas avoir changé d’idée sur la question — explosive — palestinienne. Le néodémocrate pense encore que le Canada devrait prendre des mesures économiques contre Israël à cause de son occupation illégale des territoires palestiniens, et ce, même si cela est de nature à embarrasser son parti.

« Je n’ai pas changé de position sur la Palestine », a dit M. Robinson en entrevue avec Le Devoir. « Il faut des pressions économiques afin que cesse l’occupation illégale et inhumaine des territoires occupés. » Il n’hésite pas non plus à qualifier d’« apartheid » le régime imposé aux Palestiniens en territoires occupés (« pas en Israël », insiste-t-il), rappelant que même Nelson Mandela et Desmond Tutu, les leaders sud-africains du mouvement anti-apartheid, ont déjà tracé ce parallèle.

Svend Robinson insiste pour souligner qu’il n’est pas pour autant favorable au mouvement BDS (Boycottage, désinvestissement et sanctions) visant Israël. Cette campagne, très populaire sur certains campus universitaires, est parfois assimilée à de l’antisémitisme. Il s’y oppose parce que ce mouvement milite notamment pour le droit de retour de tous les réfugiés palestiniens et que cela pourrait mener à la minorisation des juifs en Israël.

La position de M. Robinson est susceptible de lui attirer des ennuis au sein du Nouveau Parti démocratique, qui tente de tempérer sa position sur ces questions depuis plusieurs années. Au congrès du NPD l’an dernier à Ottawa, l’exécutif du parti s’était organisé pour qu’aucune des 13 résolutions abordant le conflit israélo-palestinien ne soit débattue. Le chef, Jagmeet Singh, avait refusé de se prononcer sur celles-ci : il n’avait pas voulu dire aux journalistes ce qu’il pensait d’un boycottage éventuel des produits fabriqués en territoires occupés, notamment.

En 2014, la députée néodémocrate du Québec Sana Hassainia avait claqué la porte du parti parce qu’elle jugeait que le NPD était devenu trop pro-Israël sous le leadership de Thomas Mulcair. Svend Robinson lui-même s’était retrouvé dans l’eau chaude en 2002 après avoir tenté de passer un poste de contrôle pour rencontrer Yasser Arafat à Ramallah. À son retour au pays, il avait conservé son poste de critique officiel du parti en matière d’affaires étrangères, mais s’était fait retirer le dossier israélo-palestinien.

« J’avais dit à l’époque que je m’étais rendu à un point de contrôle et que j’avais confronté l’armée israélienne, mais que c’était à mon retour au Canada que j’avais eu besoin d’un gilet pare-balle », dit-il aujourd’hui en faisant référence à la controverse qu’il avait déclenchée avec son voyage très médiatisé. Il est conscient qu’il risque de déranger son parti, mais il entend maintenir sa position.

Pas de pétrole

Svend Robinson a été député fédéral de 1979 à 2004. Il a été de toutes les causes d’avant-garde, notamment en devenant le premier élu à se dire ouvertement gai. Il a épaulé Sue Rodriguez dans sa bataille judiciaire jusqu’en Cour suprême pour légaliser l’aide médicale à mourir. Il l’a aidée à trouver quelqu’un qui a accepté de lui administrer illégalement la mort en 1994. Il entend d’ailleurs militer pour un élargissement de la loi fédérale afin que celle-ci n’écarte plus les personnes souffrantes dont la mort n’est pas raisonnablement prévisible.

M. Robinson fera des changements climatiques un enjeu central de son action politique. Celui qui se présentera en Colombie-Britannique dans Burnaby-Nord– Seymour, là où aboutit le pipeline Trans Mountain qu’Ottawa a acheté pour en faciliter l’agrandissement, milite pour un plafonnement des activités pétrolières au Canada. « Je suis contre toute nouvelle infrastructure pétrolière », dit-il. Selon lui, il va de soi qu’en n’augmentant pas les capacités de transport de la ressource, il deviendra de plus en plus difficile d’exploiter celle-ci. « La plus grande partie de ce pétrole doit être laissée dans le sol si on veut que la planète survive », dit-il.

M. Robinson a déjà commencé à faire du porte-à-porte et il donnera un coup de main à son chef Jagmeet Singh, qui tente de se faire élire dans la circonscription voisine de Burnaby-Sud lors de la partielle du 25 février prochain. « Je connais cet endroit. C’est une partie de ma circonscription de l’époque. Les gens là-bas me connaissent. »