Rencontre avec Legault: Trudeau fait son bilan

Le premier ministre Justin Trudeau avait réuni ses ministres à Sherbrooke avant la rentrée parlementaire.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau avait réuni ses ministres à Sherbrooke avant la rentrée parlementaire.

Le premier ministre François Legault a beau être ressorti optimiste de sa rencontre avec son homologue fédéral jeudi matin, Justin Trudeau ne s’engage toujours pas à permettre au Québec de réduire le nombre d’immigrants qu’il accueille sur son territoire ou d’imposer à ceux-ci un test sur leurs connaissances des valeurs québécoises.

M. Trudeau a indiqué que de s’engager dans un sens ou un autre serait prématuré. « Quant aux différentes propositions, y compris l’idée de tests, on va continuer de discuter avec la province et voir c’est quoi, leur proposition », a-t-il déclaré vendredi lors la conférence de presse de clôture de la rencontre de son cabinet. « Ils parlent de différentes choses, mais on n’a pas vu encore quelle forme ça pourrait prendre et on ne va pas réagir avant de comprendre exactement ce qu’ils proposent. »

Dans les coulisses fédérales, on indique n’avoir reçu aucune proposition officielle de la part du gouvernement caquiste sur ce que contiendrait un éventuel test ou les conséquences qu’entraînerait l’échec à un tel test. La rencontre entre les deux hommes jeudi matin, la troisième depuis l’élection québécoise, n’a pas permis d’en apprendre davantage, dit-on.

M. Legault a réitéré aux journalistes qu’il souhaitait soumettre les migrants économiques et ceux accueillis à des fins de réunification familiale à un test évaluant leurs connaissances des valeurs protégées par la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Il désire aussi faire passer à ceux de la réunification familiale, dont les compétences linguistiques ne sont pas mesurées, un examen de français. Dans les deux cas, l’autorisation d’Ottawa est nécessaire, a reconnu M. Legault. Québec dit qu’à peine 41 % des nouveaux arrivants qu’il accueille sur son territoire ont des connaissances du français.

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Quant à une éventuelle réduction des niveaux d’accueil du Québec, M. Trudeau s’est aussi montré vague, insistant sur le fait que cette demande devait être considérée dans un contexte plus large de pénurie de main-d’oeuvre. Il a néanmoins indiqué que ses ministres en discuteraient avec leurs homologues québécois lors de réunions prévues au cours des deux prochaines semaines.

« C’est sûr que des fois, on va avoir différentes perspectives sur certains enjeux, mais nous allons toujours travailler ensemble sur l’enjeu de l’immigration et de pénurie de main-d’oeuvre. »

Québec a annoncé en décembre qu’il souhaitait ramener d’environ 30 000 à 23 450 le nombre de migrants économiques, de 11 500 à 8900 le nombre de personnes accueillies à des fins de réunification familiale, et de 8600 à 6950 le nombre de réfugiés. La province n’a cependant l’autorité d’agir que pour la première catégorie de migrants. Le gouvernement fédéral s’était dit « déçu » de ces cibles.