Conflit diplomatique avec la Chine: Trudeau fait le plein d’alliés occidentaux

Justin Trudeau s’est entretenu lundi avec les leaders argentin et néo-zélandaise, dans le cadre des efforts que déploie actuellement le Canada pour faire le plein d’appuis dans les capitales.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Justin Trudeau s’est entretenu lundi avec les leaders argentin et néo-zélandaise, dans le cadre des efforts que déploie actuellement le Canada pour faire le plein d’appuis dans les capitales.

Justin Trudeau tente d’obtenir le maximum d’appuis à l’international dans le conflit diplomatique qui oppose le Canada à la Chine sur les détenus canadiens, y compris la condamnation à mort d’un présumé trafiquant de drogue de la Colombie-Britannique.

Selon le cabinet du premier ministre, M. Trudeau s’est entretenu lundi avec les leaders argentin et néo-zélandaise, dans le cadre des efforts que déploie actuellement le Canada pour faire le plein d’appuis dans les capitales. Le Canada a maintenant reçu l’appui d’autres alliés, notamment les États-Unis, l’Union européenne, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Australie, dans ses efforts pour obtenir la libération de deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, arrêtés en décembre.

Un tribunal chinois a imposé la peine de mort à Robert Lloyd Schellenberg dans une affaire de trafic de drogue. Le procès avait été organisé à la hâte, sur fond de refroidissement entre les deux pays après l’arrestation, le 1er décembre, de la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei, en vertu d’un mandat d’amener américain pour fraude.

C’est très inquiétant que la Chine commence à agir de façon arbitraire pour appliquer la peine de mort, surtout sur un Canadien

Cet appel aux appuis internationaux a provoqué l’ire de Pékin, notamment dans une attaque cinglante de l’ambassadeur chinois à Ottawa, qui y a vu de « l’égoïsme occidental » et de « la suprématie blanche ».

M. Trudeau a ensuite dénoncé lundi la décision de Pékin de condamner à mort « arbitrairement » le Canadien Schellenberg. « C’est très inquiétant que la Chine commence à agir de façon arbitraire pour appliquer la peine de mort, surtout sur un Canadien. C’est quelque chose qui nous préoccupe énormément et que nous allons continuer de souligner avec nos alliés et évidemment avec la Chine », a-t-il dit à Ottawa.

L’ambassadeur du Canada en Chine, John McCallum, a abondé dans le même sens que Justin Trudeau en décriant la condamnation à mort «arbitraire» d’un Canadien par la Chine, mardi, à la veille d’une rencontre avec le premier ministre.

La Chine a exprimé mardi sa « grande insatisfaction » face à ces propos. Lors de sa conférence de presse quotidienne, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a estimé que M. Trudeau devrait « respecter la primauté du droit (et) la souveraineté judiciaire de la Chine, corriger ses erreurs et mettre un terme à ses remarques irresponsables ».

En conférence de presse à Saint-Hyacinthe, en marge d’une annonce économique, la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a déclaré que la Canada avait formellement demandé la clémence.

Robert Lloyd Schellenberg avait été arrêté en 2014, puis condamné à 15 ans de prison en 2016 pour trafic de drogue. Un tribunal d’appel s’est toutefois rallié soudainement le mois dernier aux procureurs qui estimaient que la peine était trop clémente. Le procès de lundi a été organisé à seulement quatre jours d’avis.

Le tribunal du Liaoning a rejeté le plaidoyer d’innocence du Canadien. Il n’a donné aucun signe que la peine puisse être commuée et le sort de M. Schellenberg pourrait se retrouver lié à la querelle diplomatique qui oppose le Canada et la Chine. La presse chinoise a commencé à évoquer sa cause peu de temps après l’arrestation de Meng Wanzhou.

Le Canada avait par ailleurs mis à jour son avis aux voyageurs canadiens pour la Chine. L’avis leur demande maintenant de « faire preuve d’une grande prudence en raison du risque d’application arbitraire des lois locales », en évoquant la peine de mort et les « peines pour infractions liées aux drogues ».

La Chine a toutefois elle aussi appelé ses ressortissants à la prudence au Canada. Un avis publié mardi rappelle qu’un citoyen chinois a récemment été « détenu arbitrairement » à la demande des États-Unis.