La Chine condamne les propos de Justin Trudeau

Le Canadien Robert Lloyd Schellenberg a été condamné à mort en Chine.
Photo: CCTV / Associated Press Le Canadien Robert Lloyd Schellenberg a été condamné à mort en Chine.
La Chine a exprimé mardi sa «grande insatisfaction» face aux propos du premier ministre Justin Trudeau, qui a dénoncé lundi la décision de Pékin de condamner «arbitrairement» un Canadien à mort.

Un tribunal chinois a imposé cette peine à Robert Lloyd Schellenberg dans une affaire de trafic de drogue. Le procès avait été organisé à la hâte, sur fond de refroidissement entre les deux pays après l’arrestation, en décembre, de la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei en vertu d’un mandat américain.

Une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a dit que M. Trudeau devrait «respecter la primauté du droit (et) la souveraineté judiciaire de la Chine, corriger ses erreurs et cesser ses commentaires irresponsables».

Mme Hua a ajouté, lors d’une conférence de presse quotidienne: «Nous exprimons notre grande insatisfaction face à ceci».

Schellenberg avait été arrêté en 2014, puis condamné à 15 ans de prison en 2016 pour trafic de drogue. Un tribunal d’appel s’est toutefois soudainement rallié le mois dernier aux procureurs qui estimaient que la peine était trop clémente.

Le procès de lundi a été organisé à seulement quatre jours d’avis.

Le tribunal du Liaoning a rejeté le plaidoyer d’innocence de Schellenberg. Il n’a donné aucun signe que la peine puisse être commuée et le sort de Schellenberg pourrait se retrouver lié à la querelle diplomatique qui oppose le Canada et la Chine.

«C’est très inquiétant que la Chine commence à agir de façon arbitraire pour appliquer la peine de mort, surtout sur un Canadien, a dit M. Trudeau lundi. C’est quelque chose qui nous préoccupe énormément et que nous allons continuer de souligner avec nos alliés et évidemment avec la Chine.»

La presse chinoise a commencé à évoquer le dossier de Schellenberg peu de temps après l’arrestation de Meng Wanzhou.

Le Canada a mis à jour son avis aux voyageurs canadiens pour la Chine. L’avis leur demande de «faire preuve d’une grande prudence en raison du risque d’application arbitraire des lois locales», en évoquant la peine de mort et les «peines pour infractions liées aux drogues».

Mme Hua a balayé ces avertissements du revers de la main, en disant que les 222 kilos de métamphétamines que Schellenberg aurait transportés méritaient la pénalité la plus sévère.

La Chine a toutefois elle aussi appelé ses ressortissants à la prudence au Canada. Un avis publié mardi rappelle qu’un citoyen chinois a récemment été «détenu arbitrairement» à la demande des États-Unis — une référence évidente à Meng Wanzhou. Pékin demande à ses ressortissants «d’évaluer pleinement les risques associés avec un voyage au Canada à des fins touristiques».