L’ex-député du NPD Svend Robinson songe à un retour

M. Robinson a été député du NPD à la Chambre des communes de 1979 à 2004.
Photo: Chuck Stoody La Presse canadienne M. Robinson a été député du NPD à la Chambre des communes de 1979 à 2004.

L’ancienne vedette du NPD Svend Robinson songe à refaire le saut en politique fédérale en 2019 pour reconquérir son ancien siège en Colombie-Britannique. Celui qui était parti dans la controverse après avoir volé une bague de prix veut reprendre du service pour parler changements climatiques et environnement.

« Je vais peut-être me présenter aux prochaines élections fédérales dans mon ancienne circonscription de Burnaby-Nord — Seymour, site principal de [l’oléoduc Trans Mountain de] Kinder Morgan, maintenant détenue par le libéral Terry Beech », indique M. Robinson dans un échange de courriels avec Le Devoir. M. Robinson indique avoir fait récemment du porte-à-porte « et les résultats sont très encourageants ». Il entend se décider d’ici la fin de décembre.

M. Robinson a été député du NPD à la Chambre des communes de 1979 à 2004. Il a été l’un des neuf néodémocrates réélus lors de l’hécatombe de 1993, à la suite de laquelle la formation avait perdu son statut de parti officiellement reconnu au Parlement. En 1988, il avait fait les manchettes – et vu son bureau de circonscription être vandalisé – en avouant son homosexualité et en devenant le premier député canadien ouvertement gai. Résolument campé à gauche, il entretenait cet art de se placer au coeur de tous les grands débats de l’heure : VIH/Sida, apartheid, aide médicale à mourir. C’est lui qui en 1994 avait mis en contact Sue Rodriguez avec un médecin dont l’identité a été tenue secrète ayant accepté de lui administrer la mort. Mme Rodriguez était atteinte d’une maladie dégénérative incurable et s’était rendue jusqu’en Cour suprême pour demander l’aide médicale à mourir. Les juges l’avaient déboutée (la décision a depuis été cassée). En l’aidant, Svend Robinson se plaçait dans l’illégalité.

La carrière de M. Robinson a pris abruptement fin en avril 2004 lorsqu’il a volé une bague de diamants lors d’une vente aux enchères. Il s’était lui-même dénoncé, admettant du même souffle avoir un trouble de santé mentale. Il a alors renoncé à se porter candidat à l’élection cette année-là.

S’il saute dans l’arène, Svend Robinson sera le voisin de circonscription de son chef, Jagmeet Singh, qui tentera de se faire élire à l’élection partielle devant être déclenchée sous peu dans Burnaby-Sud. Malgré sa notoriété, M. Robinson reconnaît que rien n’est acquis pour lui. « Les frontières de ma circonscription ont changé pour inclure des sections dans Vancouver Nord qui n’ont pas une histoire très amicale avec le NPD », explique-t-il.

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau est devenu propriétaire cet été de la portion existante de Trans Mountain dans l’espoir de faciliter la construction de son expansion. Le député actuel de Burnaby-Nord — Seymour, le libéral Terry Beech, s’est toujours opposé à ce projet malgré la position officielle de son parti. M. Beech avait remporté son siège en 2015 avec 36,1 % des voix, contre 29,6 % pour le candidat néodémocrate, arrivé deuxième dans une lutte à trois chaudement disputée.