Bris de sécurité: Trudeau nie avoir caviardé son rapport

Le Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement ont rendu public un rapport censé faire la lumière sur, notamment, la présence de Jaspal Atwal, un extrémiste sikh, à un événement auquel avait assisté le premier ministre à Mumbai.
Photo: Narinder Nanu Agence France-Presse Le Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement ont rendu public un rapport censé faire la lumière sur, notamment, la présence de Jaspal Atwal, un extrémiste sikh, à un événement auquel avait assisté le premier ministre à Mumbai.

Le premier ministre Justin Trudeau se défend d’avoir lui-même caviardé le rapport sur les bris de sécurité survenus pendant son voyage en Inde. Les sections retirées du rapport l’ont été à la suggestion des diverses entités responsables de la sécurité nationale.

Lundi, le Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement ont rendu public un rapport censé faire la lumière sur, notamment, la présence de Jaspal Atwal, un extrémiste sikh ayant tenté d’assassiner un ministre indien à Vancouver en 1986, à un événement auquel avait assisté le premier ministre à Mumbai. Plusieurs conclusions de ce rapport, dont au moins une liée à M. Atwal, ont été raturées. L’opposition crie à la censure.

« Une fois épuré, le rapport dit que les bévues du premier ministre sont encore la faute des autres », a lancé le conservateur Pierre Paul-Hus. « Le bureau du premier ministre confond-il la sécurité libérale avec la sécurité nationale ? Est-ce qu’on confond encore l’intérêt libéral avec l’intérêt national ? » a demandé pour sa part le néodémocrate Guy Caron à la Chambre des communes.

Du tac au tac, Justin Trudeau a répondu : « Je comprends que le NPD pense encore qu’on est sous la gouverne des conservateurs, mais je suis content que cela puisse être consigné aujourd’hui : ni moi ni mon bureau n’avons demandé ou exigé de caviardage. Il y a eu une proposition, faite par les fonctionnaires responsables de la sécurité publique et du renseignement, et elle a été acceptée. Aucun ajout ni rien d’enlevé. »

Le Comité des parlementaires existe depuis 2017 et se veut un contrepoids aux lois antiterroristes. Les députés et sénateurs qui y siègent détiennent une cote de sécurité de niveau « très secret » leur permettant d’être mis au parfum des activités secrètes des diverses agences de renseignement canadiennes. Son secrétariat explique qu’en vertu de sa loi constituante, le Comité rédige des rapports qui sont remis au bureau du premier ministre. Ensuite, le Groupe de sécurité nationale au sein du ministère de la Justice, conseillé par le Service canadien du renseignement de sécurité, la GRC et le ministère des Affaires mondiales, indique quels passages sont trop critiques pour être rendus publics. Le premier ministre retransmet ensuite cette version caviardée au comité en lui enjoignant de réécrire le rapport en conséquence.

Avec Marie Vastel