Le fédéral est prêt à financer l’ouverture de l’université franco-ontarienne

Le gouvernement fédéral est prêt à financer l’ouverture de l’Université de l’Ontario français à même son Plan d’action sur les langues officielles 2018-2023.
Photo: Lars Hagberg Agence France-Presse Le gouvernement fédéral est prêt à financer l’ouverture de l’Université de l’Ontario français à même son Plan d’action sur les langues officielles 2018-2023.

Le gouvernement fédéral est désormais prêt à financer à 100 % la création de l’Université de l’Ontario français pendant ses quatre premières années d’existence afin que le projet voie le jour comme prévu en septembre 2020. Seule condition ? Que Queen’s Park s’engage à faire de même pour les quatre années subséquentes, ce qui lui laissera le temps d’équilibrer son budget. La balle est désormais dans le camp de la ministre Caroline Mulroney.

« Initialement, il fallait que la province investisse immédiatement dans le dossier de l’Université », a expliqué Carol Jolin, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). « M. Ford ne voulait pas. Il disait qu’il donnerait le financement quand on aurait assaini les finances de la province. Avec le modèle proposé, on rejoint les deux objectifs. »

Le gouvernement fédéral est prêt à financer l’ouverture de l’Université de l’Ontario français à même son Plan d’action sur les langues officielles 2018-2023. Sa contribution pourrait atteindre 50 % du coût total du projet, estimé à environ 80 millions de dollars sur huit ans. L’autre moitié devrait être assumée par la province. La proposition exposée par M. Jolin (qui dit avoir reçu l’assurance d’Ottawa que cette flexibilité est possible) consiste à concentrer la contribution fédérale sur les quatre premières années du projet de sorte que Toronto n’aura à allonger les fonds que plus tard.

Une première en Ontario

Cette nouvelle façon de faire commande quand même que la province dépose une demande de financement à Ottawa, ce que le gouvernement Ford s’est refusé à faire jusqu’à présent. L’AFO lui a envoyé une lettre mardi lui indiquant les étapes à suivre. « [Ottawa] ne peut pas faire un chèque en blanc, rappelle M. Jolin. Il faut qu’il y ait un engagement solide que, pour les quatre années subséquentes, la province répondra de la même façon. »

Le bureau de la ministre Mulroney n’a pas répondu aux nombreuses demandes de commentaires du Devoir.

L’Université de l’Ontario français constituerait le premier établissement universitaire entièrement francophone de l’Ontario. Elle compte déjà huit employés, a indiqué son recteur, Normand Labrie. Ces emplois seront compromis si des fonds additionnels ne sont pas reçus d’ici le 15 janvier prochain.

M. Labrie craint aussi que le gouvernement Ford retarde l’approbation de la future programmation de l’université. La programmation doit être approuvée par la Commission d’évaluation de la qualité de l’éducation postsecondaire (PEQAB, de son acronyme anglais) après avoir été relayée par le gouvernement ontarien. Or, le gouvernement Ford a cette programmation sur son bureau depuis le début d’octobre. « Normalement, on se serait attendus à ce que ce soit transféré fin octobre », se désole M. Labrie. La PEQAB a besoin de six à huit mois pour procéder. L’Université de l’Ontario français désire que le tout soit terminé d’ici la fin de l’été afin de permettre à la future première cohorte d’étudiants de la consulter avant de placer ses demandes d’inscription.

Par ailleurs, M. Labrie a indiqué que l’Université a déjà un local pour s’installer à court et moyen terme. Il estime donc peu utile l’idée des conservateurs d’Andrew Scheer de fournir un immeuble fédéral excédentaire. « Ça ne règle pas le problème des fonds de fonctionnement [nécessaires] pour le 15 janvier. C’est une solution à très long terme pour un site permanent. »