La politique sur les langues officielles est mise à mal à Postes Canada

Ottawa — Un quart des bureaux de poste, parmi ceux qui sont officiellement désignés bilingues, n'arrivent pas à offrir un service de qualité dans les deux langues officielles.

C'est ce que révèle une vérification menée par le Commissariat aux langues officielles auprès de la Société canadienne des postes et dont les résultats ont été dévoilés hier.

Le constat est encore plus brutal au sein des bureaux de poste tenus par des détaillants: le tiers d'entre eux ne sont pas en mesure d'offrir un service bilingue convenable. Dans les comptoirs gérés directement par les Postes, les conclusions sont plus reluisantes, mais tout de même: un point de service sur cinq ne respecte pas la Loi sur les langues officielles.

«Nous croyons que ces constatations sont très sérieuses, compte tenu du fait que ces comptoirs ont été désignés bilingues et que leur clientèle s'attend à un service dans la langue officielle de son choix, écrivent les auteurs de la vérification. Postes Canada a l'obligation de fournir les services dans les deux langues officielles et doit veiller à la disponibilité de ces services.»

Comme on pouvait s'y attendre, c'est dans l'Ouest que la situation est la pire: en Alberta, tout juste la moitié des bureaux de poste respectent le bilinguisme, alors qu'en Saskatchewan, c'est seulement 67 %.

Le portrait est meilleur au Québec et au Nouveau-Brunswick, où respectivement 100 % et 80 % des bureaux de poste vérifiés sont en mesure de servir la clientèle dans les deux langues officielles. Dans les régions de Sudbury et North Bay, la proportion est de 91 %, tandis qu'à Toronto, elle est de 67 %.

Ce n'est seulement le service bilingue en personne ou au téléphone qui fait défaut dans les bureaux de poste. La vérification du Commissariat aux langues officielles a aussi permis de constater que tout juste 44 % des comptoirs postaux arboraient un pictogramme faisant état de leur caractère bilingue. En outre, seulement 10 % des endroits vérifiés accueillent d'emblée les clients dans les deux langues officielles.

«Cette observation est très importante parce que les clients qui ne reçoivent pas d'offre active verbale [bilingue] ne se sentent pas à l'aise d'utiliser la langue de leur choix», soulignent les auteurs.

Les enquêteurs ont toutefois noté que plus de 90 % des bureaux de poste désignés bilingues présentaient leur affichage dans les deux langues. Le hic, c'est que seulement 44 % des succursales respectent le bilinguisme quand vient le temps d'apposer des messages temporaires.