«Nous sommes, nous serons !», disent les Franco-Ontariens à Doug Ford

L’épicentre du mouvement était situé à Ottawa, où quelque 5000 personnes ont convergé au monument canadien pour les droits de la personne.
Photo: Patrick Doyle La Presse canadienne L’épicentre du mouvement était situé à Ottawa, où quelque 5000 personnes ont convergé au monument canadien pour les droits de la personne.

Les rues de plusieurs villes ontariennes étaient tapissées vert et blanc, couleurs du drapeau franco-ontarien, alors qu’une quarantaine de rassemblements se tenaient samedi pour dénoncer les compressions du gouvernement Ford dans les services aux francophones.
 

De Hawkesbury à North Bay en passant par Toronto, ils ont été près de 14 000 à réclamer du gouvernement progressiste-conservateur qu’il revienne sur sa décision d’abolir le commissariat aux services en français et d’abandonner le projet d’université en français.


L’épicentre du mouvement était situé à Ottawa, où quelque 5000 personnes ont convergé au monument canadien pour les droits de la personne, selon une estimation de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), organisation à l’origine de la « résistance ».
 

« Nous sommes, nous serons ! », a scandé à répétition la foule massée dans cette place du centre-ville où avait été érigée une scène sur laquelle ont défilé une flopée de politiciens venus galvaniser les troupes.
 

La ministre fédérale de la Francophonie et des langues officielles, Mélanie Joly, a été de ceux qui ont pris la parole. « Aujourd’hui, on vit un moment historique. Un moment qu’on va raconter à nos enfants, à nos petits-enfants », a-t-elle lancé.
 

Aux gouvernements qui font reculer les droits des minorités linguistiques, la ministre a donné ce conseil : « Allez lire vos livres d’histoire ! ». Car la « seule chose qui peut être faite, c’est renforcer nos droits linguistiques, jamais les affaiblir », a martelé la ministre Joly.
 

L’histoire, justement, a donné raison au mouvement franco-ontarien dans plusieurs batailles, dont celle pour la survie de l’hôpital Montfort. Et l’avocat qui a sauvé l’établissement de langue française, Ronald Caza, était là pour le rappeler samedi à Ottawa.
 

Il l’a fait dans la langue de Shakespeare — afin, a-t-il dit, que le premier ministre unilingue anglophone Doug Ford puisse « comprendre » son message.
 

« M. Ford, nous nous sommes battus pour nos écoles primaires et secondaires en Ontario, et nous avons gagné ! M. Ford, nous nous sommes battus pour nos collèges francophones en Ontario, et nous avons gagné ! », a lancé M. Caza.
 

« M. Ford, nous nous battons pour notre université francophone, et nous gagnerons ! », a-t-il clamé, déclenchant un tonnerre d’applaudissements.
 

Présence du Québec

Signe que la crise linguistique a eu des échos bien au-delà des frontières de l’Ontario, il y avait samedi à Ottawa une importante délégation d’élus de l’Assemblée nationale.
 

Le gouvernement québécois était représenté par le ministre Mathieu Lacombe. Dans son allocution, le député de Papineau, une circonscription dans la région de l’Outaouais, a lancé à la foule qu’il était des leurs, ayant grandi et étudié dans la communauté franco-ontarienne.
 

De nombreux députés libéraux avaient aussi traversé la rivière des Outaouais pour témoigner de leur solidarité.
 

Le chef intérimaire de l’opposition officielle, Pierre Arcand, a été chaudement applaudi lorsqu’il a mentionné à la foule que le drapeau franco-ontarien flottait actuellement sur l’une des tours du Parlement québécois.
 

Le Parti québécois n’avait dépêché aucun élu au rassemblement. Les péquistes avaient fait adopter unanimement, vendredi, une motion déposée par Véronique Hivon pour exprimer la solidarité des élus québécois envers les Franco-Ontariens et la députée Amanda Simard.
 

Celle-ci a claqué la porte du caucus progressiste-conservateur la semaine dernière après avoir tenté, en vain, de convaincre le gouvernement de Doug Ford de changer de cap.


Un version précédente de cet article indiquait que Mélanie Joly était ministre fédérale du patrimoine et des langues officielles. Or, elle est en réalité ministre de la Francophonie et des Langues officielles.