Unifor ne s’excuse pas de s’attaquer aux conservateurs

Le président national d’Unifor, Jerry Dias
Photo: Mark Blinch La Presse canadienne Le président national d’Unifor, Jerry Dias

Le président national d’Unifor revendique le droit de s’impliquer dans la joute partisane fédérale et de s’attaquer à Andrew Scheer, même si son syndicat représente des milliers de journalistes au pays. Jerry Dias ne croit pas, comme le prétend le Parti conservateur, qu’il mine l’indépendance des journalistes canadiens.

Il y a 10 jours, Unifor a publié sur Twitter une photo de son exécutif intitulée La Résistance, indiquant que le syndicat avait commencé à planifier l’élection fédérale. La photo se voulait un pastiche d’une récente page couverture du magazine Maclean’s intitulée pareillement et montrant le chef conservateur Andrew Scheer entouré de quatre homologues provinciaux (l'Ontarien Doug Ford, le Manitobain Brian Pallister, l’Albertain Jason Kenney et le Saskatchewanais Scott Moe). Jerry Dias a relayé le gazouillis d’Unifor en le commentant : « Nous arrêterons la stupidité d’Andrew Scheer. »


« C’était juste pour rigoler un peu, ce n’était qu’une parodie », lance M. Dias en entrevue avec Le Devoir. Les conservateurs, eux, ne rient pas. Ils ont demandé aux journalistes membres d’Unifor de se dissocier de cette campagne. Cette semaine, ils ont laissé entendre, en associant les deux, que ce cas illustrait la perte d’indépendance qui pourrait découler de l’aide financière de 595 millions de dollars sur cinq ans promise par les libéraux de Justin Trudeau.

M. Dias estime qu’il n’y a rien de nouveau à la campagne d’Unifor. « Personne au sein du mouvement syndical au Canada n’appuie le Parti conservateur. Ce n’est pas inhabituel. Nous étions très actifs, politiquement, lors de la dernière élection et nous le serons à nouveau lors de la prochaine élection… Que l’on s’oppose à Andrew Scheer, c’est tout à fait cohérent avec les positions que nous avons prises historiquement. »

Son gazouillis a néanmoins mené quelques journalistes à s’en dissocier publiquement. « Je salue le droit des journalistes d’exprimer leur pensée. Je respecte leur droit d’avoir une opinion, autant qu’ils devraient respecter le mien. »

Unifor représente quelque 12 000 travailleurs de l’information, surtout dans des médias hors Québec (Globe and Mail, Toronto Star, groupe Metro, Postmedia, Global, Rogers, etc.). Même le Toronto Sun est du lot. D’ailleurs, M. Dias estime qu’il serait farfelu de prétendre que les journalistes de ce quotidien campé à droite et aux penchants populistes deviendraient subitement des défenseurs de Justin Trudeau à cause de la position prise par leur syndicat. Au Québec, Unifor représente les journalistes de la Tribune de Sherbrooke. Le représentant syndical n’a pas voulu faire de commentaires.