Élections fédérales - Les partis marginaux semblent avoir disparu de la scène politique

Ottawa — Le déclin des partis marginaux rend la scène politique canadienne de plus en plus terne, avec les adeptes du vol yogique qui n'ont jamais vraiment «décollé» et le Parti rhinocéros désormais en hibernation.

Mais des observateurs estiment que le farfelu n'a pas disparu du politique, au contraire.
«Il y a beaucoup d'humour dans ce que les grands partis affirment», soutient Charlie McKenzie, ancien chef du Parti rhinocéros.

Les Rhinocéros ne sont plus en lice, puisqu'ils considèrent que les 1000 $ de dépôt exigés pour chaque candidat par Élections Canada correspondent à une tarification de la démocratie.

Certains partis sont toutefois hors jeu pour d'autres raisons. Par exemple, il n'y aura pas de candidats du Parti de la loi naturelle qui voleront de porte en porte aux prochaines élections pour séduire les électeurs. L'agent officiel, Maxim Newby, a précisé que sa formation fermait les livres à cause du désintérêt de la population envers la politique.

Aux dernières élections, en 2000, à peine 16 577 électeurs ont cru au projet du chef du Parti de la loi naturelle d'organiser de grands ralliements de citoyens en lévitation pour générer de l'énergie positive et ainsi éradiquer le crime ou effacer la dette...

M. Newby dit que son parti était habitué à la moquerie: «Les gens rient partout dans le monde, il n'y a rien qu'on puisse faire contre cela.»

Par ailleurs, le Parti «Absolutely Absurd» est aussi mort de sa belle mort. Son porte-parole a estimé que la politique canadienne était déjà suffisamment absurde.

Mais selon l'ancien chef du Parti rhinocéros, l'électorat cherche une autre voie. «Tous les jeunes que je rencontre dans la rue me disent qu'ils veulent du changement.»

Un humoriste chez Paul Martin

Le premier ministre Paul Martin a d'ailleurs embauché en janvier un ancien humoriste, Scott Feschuk. Mais M. McKenzie a bien hâte de le voir enfin travailler. Il a suggéré à M. Martin de mettre davantage en évidence les aspects positifs des politiques libérales, notamment que son parti «distribue des formulaires de déclaration de revenus gratuits...»

Actuellement, neuf partis sont inscrits, entre autres le Parti vert, le Parti marijuana et deux groupuscules communistes distincts.

Selon des observateurs, il y a encore de la place pour les partis marginaux, pour véhiculer le vote de protestation ou des convictions sincères.

Par exemple, le Parti marijuana a reçu 66 258 votes aux dernières élections. Le Parti vert a obtenu 10 % d'intentions de vote en Colombie-Britannique dans un récent sondage Ipsos Reid.

«C'est plus que le résultat du Nouveau Parti démocratique au Québec, cela démontre que de tels partis pourraient avoir une certaine influence dans certaines régions du pays», a analysé le président d'Ipsos, Darrell Bricker.

Les verts ont eu 104 000 votes au scrutin de 2000, tandis que les communistes, toutes formations confondues, ont recueilli 21 000 voix.