Le NPD demande au commissaire à l’éthique de se pencher sur le cas Di Iorio

En libérant son siège neuf mois moins un jour avant le scrutin général du 21 octobre 2019, M. Di Iorio rend impossible la tenue d’une élection partielle pour lui choisir un successeur.
Photo: Facebook En libérant son siège neuf mois moins un jour avant le scrutin général du 21 octobre 2019, M. Di Iorio rend impossible la tenue d’une élection partielle pour lui choisir un successeur.

Le Nouveau Parti démocratique ne digère pas que le député libéral de Montréal Nicola Di Iorio continue de toucher son salaire alors qu’il ne se présente plus à la Chambre des communes. Le parti invite le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique à ouvrir une enquête.

« Selon ce que l’on comprend, M. Di Iorio est retourné pratiquer le droit à Montréal pour le cabinet BCF Avocats d’affaires », écrivent les députés Nathan Cullen et Charlie Angus dans une missive destinée au commissaire Mario Dion et dont Le Devoir a obtenu copie.
« Bien que le député ait annoncé son intention de démissionner le 25 avril 2018, cela ne s’est pas produit et il a continué à toucher pendant cette période le salaire et les bénéfices d’un député, pour un total à ce jour de 93 000 $ », indique cette lettre datée du 8 novembre. Les deux députés estiment que leur rival libéral a contrevenu au Code régissant les conflits d’intérêts des députés.

MM. Cullen et Angus rappellent qu’un député est autorisé à occuper d’autres fonctions pendant son mandat, mais à la condition que cela ne l’empêche pas de faire son travail de représentation. « Il appert, compte tenu de l’absence de M. Di Iorio de la Chambre, que son emploi à BCF Avocats d’affaires ne permet pas au député de s’acquitter de ses obligations. »

M. Di Iorio a indiqué à la fin de l’été qu’il reconsidérait sa démission. Après plusieurs semaines de flottement, il a annoncé début novembre qu’il partirait finalement le 22 janvier. Le député prétexte devoir compléter une mission — dont la teneur est tenue secrète — que lui a confiée le premier ministre Justin Trudeau et qui l’oblige à rester à Montréal. Les deux néodémocrates demandent au commissaire de vérifier la véracité de cette excuse.

En libérant son siège neuf mois moins un jour avant le scrutin général du 21 octobre 2019, M. Di Iorio rend impossible la tenue d’une élection partielle pour lui choisir un successeur.

« Les résidants de Saint-Léonard-Saint-Michel ont élu M. Di Iorio pour les représenter à la Chambre des communes et en refusant à la fois de se présenter au Parlement ou de démissionner, le député les prive de cette représentation », conclut le duo néodémocrate.

Le commissaire Dion a répondu jeudi que la demande du NPD était légitime. Il accorde, comme le prévoit le Code, 30 jours à Nicola Di Iorio pour s’expliquer. Après réception des explications, M. Dion disposera de deux semaines pour décider s’il y a matière à enquête ou pas.