TPS: adéquistes, péquistes et libéraux sur la même longueur d'onde

Le ministre des Finances, Yves Séguin, ne sera pas seul pour demander au gouvernement fédéral de céder la TPS à Québec. L'Assemblée nationale a adopté de façon unanime hier une motion pour appuyer le gouvernement du Québec dans ses démarches auprès d'Ottawa afin d'obtenir ce champ fiscal d'une valeur de sept milliards par année.

C'est le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, qui devait présenter une motion conjointe à cet effet. Mais à la dernière minute, le leader parlementaire de l'opposition officielle, André Boisclair, a court-circuité le processus en présentant sa propre motion. Malgré l'imbroglio et les protestations indignées de M. Dumont, la motion suivante a été adoptée sans débat: «Que l'Assemblée nationale appuie le gouvernement du Québec dans ses démarches auprès du gouvernement fédéral visant à transférer au Québec les sommes provenant de la taxe sur les produits et services.»

On ne sait pas si le premier ministre Jean Charest aura ce texte en poche quand il rencontrera, aujourd'hui à Saguenay, le premier ministre du Canada, Paul Martin. Les deux hommes partageront la même tribune pour annoncer, une fois de plus, l'élargissement de la route 175.

À l'Assemblée nationale hier, c'est le ministre des Finances, Yves Séguin, qui s'est levé pour défendre l'idée du rapatriement de la TPS dans le but de corriger le déséquilibre fiscal. Fraîchement arrivé de son voyage en France, M. Charest a plutôt choisi de souligner «le très beau succès» qu'a connu cette mission officielle sur le plan bilatéral avec la France mais aussi sur le plan multilatéral avec l'UNESCO, l'OCDE et l'Organisation internationale de la francophonie. Pour M. Charest, «la démonstration est faite: la structure fédérale actuelle permet au Québec d'occuper une très grande place» sur la scène internationale.

À l'Assemblée nationale, Yves Séguin a donné l'assurance qu'il sera «un combattant» sur la question du déséquilibre fiscal. Mercredi, le ministre des Finances avait affirmé qu'il présentera bientôt une demande à Ottawa pour rapatrier la TPS. Hier, il a révélé que les provinces discutaient de cette question, bien qu'il soit cependant «prématuré» de parler d'un accord sur le transfert de la TPS. Mais il a promis d'en dire plus prochainement, «lorsque les collègues des autres provinces accepteront avec moi de rendre public le protocole que nous entendons suivre pour demander au gouvernement fédéral d'agréer à transférer la TPS aux provinces».

Au cours d'un point de presse, Mario Dumont a dit souhaiter que M. Charest aborde aujourd'hui cette question avec Paul Martin. «Le premier ministre, M. Charest, avait promis une bataille de tous les instants [sur le déséquilibre fiscal]. Son début de mandat a été marqué par une attitude attentiste, polie — d'aucuns ont dit molle —, qui a donné de mauvais résultats», a dit M. Dumont. «On s'attend de notre premier ministre à une attitude plus musclée sur un dossier où, aujourd'hui [hier], il a une position unanime de l'Assemblée nationale.»

Mario Dumont prévoit que les questions touchant l'autonomie des provinces, le respect des compétences et le déséquilibre fiscal seront au coeur de la prochaine campagne électorale au Québec mais aussi dans certaines autres provinces.

Le chef adéquiste n'a toutefois pas voulu révéler quel parti il compte appuyer. Mais il a souligné que les députés du Parti libéral du Québec se placeraient «dans une position inconfortable» s'ils défendaient les couleurs du Parti libéral du Canada, «un parti qui a trahi leurs propres demandes». M. Charest devrait sans doute demander à ses députés de faire preuve de «réserve» à l'endroit du Parti libéral fédéral, estime M. Dumont.
1 commentaire
  • FARID KODSI - Inscrit 7 mai 2004 12 h 08

    Une entente fructueuse

    Enfin, l'opposition met fin à son négativisme infantile. C'est une très bonne nouvelle pour le Québec et pour les Québécois que de voir les trois partis politiques prêts à appuyer l'initiative de M. Séguin de tirer profit de la TPS pour régler une fois pour toutes les problèmes de santé et d'éducation de la province.

    J'espère que l'opposition continuera dans la même veine pour réduire la taille du secteur public et faire ainsi avancer le Québec dans la bonne voie.

    Les querelles politiques ne mènent nulle part et cette entente forcera le fédéral à tenir compte sérieusement de cet aspect.

    Bravo M. Séguin et félicitations pour cet appui positif de l'ADQ et du P.Q.