Plus sain, le locavorisme?

Le nutritionniste Bernard Lavallée
Photo: Katya Konioukhova Le nutritionniste Bernard Lavallée

Ce texte fait partie du cahier spécial Alimentation

Manger des produits locaux est bon pour l’économie et pour l’environnement, mais aussi pour la santé. Entrevue sur le sujet avec Bernard Lavallée, nutritionniste, auteur et chroniqueur connu sous le nom de Nutritionniste urbain.

Que veut dire exactement « manger local » ?

Il n’y a pas de définition officielle. Certains essaient de définir une distance maximale que devraient parcourir les aliments, mais honnêtement, je ne crois pas que ce soit nécessaire. Le but est simplement de diminuer la distance de la ferme à l’assiette. Pour moi, manger des produits locaux, ça peut vouloir dire acheter directement des producteurs ou acheter des aliments du Québec. Mais on s’entend que les pêches d’Ontario, en saison, sont déjà plus près de nous que celles qui viennent d’ailleurs. Bref, c’est simplement de faire des choix conscients pour diminuer le transport des aliments.

Au Québec, les fruits et légumes parcourent en moyenne entre 3500 et 5000 kilomètres avant d’arriver dans notre assiette. Cela peut-il avoir un impact sur la valeur nutritive des aliments ?

Dès qu’on cueille les fruits et légumes, ils commencent à perdre un peu de nutriments. Donc, plus les aliments sont frais, plus ils seront nutritifs, de façon générale. Cela étant dit, l’impact de cette perte sur la santé est négligeable. Peu importe d’où viennent les fruits et légumes, l’important est d’en manger beaucoup, tous les jours !

Manger des produits locaux toute l’année est un défi en soi presque impossible à relever au Québec…

Nous avons un contexte climatique particulier au Québec. Mais le but n’est jamais de viser la perfection en alimentation. En suivant les saisons, il y a tout de même moyen de manger des aliments locaux plus fréquemment. Pendant l’été, c’est possible de consommer des fruits et légumes locaux à 100 %, sans trop de difficultés. Pendant l’hiver, on a encore des courges, des choux, des carottes, des pommes de terre, des oignons, des betteraves et des pommes qui viennent d’ici. Ça ne veut pas dire que notre menu doit être uniquement constitué de ces aliments, mais il s’agit d’une base.

Quels sont les moyens de consommer davantage de produits locaux au fil des saisons ?

Il suffit souvent de regarder, au supermarché, d’où viennent les aliments. Quand on a le choix entre des fraises du Québec et des fraises des États-Unis, c’est à nous de choisir. En saison, on visite les marchés publics. On peut également s’inscrire à des paniers de fruits et légumes, comme les Fermiers de famille d’Équiterre.