Taxe carbone: Justin Trudeau ne craint pas un front commun des provinces

«Il est malheureux de constater qu’il y a encore des politiciens à travers le pays, plus spécifiquement des politiciens conservateurs, qui pensent encore que la pollution devrait être gratuite», a lancé Justin Trudeau.
Photo: Tara Walton La Presse canadienne «Il est malheureux de constater qu’il y a encore des politiciens à travers le pays, plus spécifiquement des politiciens conservateurs, qui pensent encore que la pollution devrait être gratuite», a lancé Justin Trudeau.

Le premier ministre Justin Trudeau ne se laisse pas démonter par le front commun provincial qui se dessine contre sa taxe carbone. Il assure qu’il maintiendra le cap et invite ses adversaires — presque tous conservateurs — à prendre acte de la réalité des changements climatiques.

« Il est malheureux de constater qu’il y a encore des politiciens à travers le pays, plus spécifiquement des politiciens conservateurs, qui pensent encore que la pollution devrait être gratuite. Nous pensons qu’il faut mettre un prix sur la pollution, a lancé M. Trudeau alors qu’il était de passage à Windsor vendredi matin

« Nous préférons travailler avec eux, mais s’ils ne veulent pas mettre un prix sur la pollution, nous allons le faire au niveau fédéral à travers le pays. C’est trop important pour ne pas agir concrètement et réellement, et j’espère que les conservateurs à travers le pays vont comprendre qu’on ne peut plus débattre sur la réalité des changements climatiques. »

Le gouvernement fédéral exige des provinces qu’elles se dotent d’un plan de tarification du carbone dès le 1er janvier 2019, à défaut de quoi il imposera le sien. Si, lorsque le plan d’Ottawa a été annoncé, seulement une province s’y opposait — la Saskatchewan —, elles sont maintenant cinq dans le même clan.

Ottawa étudie encore les plans de tarification du carbone soumis cet automne par les provinces et déterminera avant décembre s’ils sont suffisants.

L’Ontario, qui participait au marché du carbone avec le Québec, s’en est retiré à la suite de l’élection de M. Ford. Plusieurs des programmes qui étaient financés avec l’argent récolté (rénovations vertes, crédit de 14 000 $ pour l’achat d’un véhicule électrique, etc.) ont été abolis.

Le premier ministre conservateur du Manitoba, qui avait à son corps défendant consenti à instaurer une taxe de 25 $ la tonne dès décembre, a annoncé cette semaine qu’il reculait à cause de l’insistance d’Ottawa à ce que le calendrier d’augmentation de la taxe aille de l’avant.

Au Nouveau-Brunswick,le premier ministre libéral sortant avait planifié de rebaptiser une taxe sur l’essence déjà existante en taxe sur le carbone, plan peu susceptible d’être jugé acceptable par Ottawa.

En Alberta, enfin, la néodémocrate Rachel Notley a annoncé qu’elle se dissociait du plan fédéral à cause du blocage du projet de pipeline Trans Mountain. Mais l’Alberta impose déjà une taxe sur le carbone supérieure à ce qu’exige Ottawa. Son retrait signifie qu’elle ne s’engage plus à arrimer sa taxe à la fédérale à compter de 2021.