Sommet de la Francophonie: l’appui d’Ottawa à Michaëlle Jean semble s’étioler

La victoire de Michaëlle Jean en 2014 avait été largement rendue possible par l’absence de consensus des pays africains.
Photo: Eric Feferberg Archives Agence France-Presse La victoire de Michaëlle Jean en 2014 avait été largement rendue possible par l’absence de consensus des pays africains.

À quelques jours de l’ouverture du Sommet de la Francophonie, la ministre Mélanie Joly martèle que la position d’Ottawa « n’a pas changé » concernant la candidature de Michaëlle Jean, mais elle insiste principalement sur le fait que « l’important, c’est que le sommet d’Erevan soit un succès ».

L’ex-gouverneure générale du Canada, qui sollicite un deuxième mandat à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), peut compter ses appuis sur les doigts d’une main. Selon plusieurs observateurs, elle ne fera pas le poids face à sa rivale, la Rwandaise Louise Mushikiwabo.

Celle-ci a obtenu le sceau d’approbation du président français Emmanuel Macron et de l’Union africaine. De son côté, Michaëlle Jean est soutenue par son pays natal, Haïti, et celui d’adoption, le Canada. On ne sait toujours pas où loge le premier ministre désigné du Québec, François Legault.

Au printemps dernier, le gouvernement canadien avait défendu bec et ongles la candidature que le Parti conservateur avait désavouée. La ministre Marie-Claude Bibeau, qui était responsable du dossier la Francophonie, assurait que les libéraux étaient « fiers » de le faire.

Sa successeure, Mélanie Joly, a affiché nettement moins d’enthousiasme, jeudi, en entrevue avec La Presse canadienne. Peu importe la question, la réponse était la même : « l’important, c’est que le sommet d’Erevan soit un succès », s’est-elle contentée d’offrir à plusieurs reprises.

La ministre n’a ainsi pas voulu dire si, aux yeux du gouvernement canadien, Michaëlle Jean avait des chances d’être réélue au poste de secrétaire générale. L’élection à la tête de l’OIF, qui aura lieu la semaine prochaine au sommet d’Erevan, en Arménie, se fait par consensus et non par vote.

La victoire de la Canadienne en 2014 au sommet de Dakar, au Sénégal, avait été largement rendue possible par l’absence de consensus des pays africains, qui n’étaient pas parvenus à s’entendre sur une candidature d’une personne issue du continent.