Sages-femmes: la clé dans la reconnaissance

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
La demande pour des accouchements avec sages-femmes au Québec est nettement supérieure à l’offre. Et il n’y a qu’environ 200 sages-femmes pour y répondre.
Photo: Carlo Navarro Unsplash La demande pour des accouchements avec sages-femmes au Québec est nettement supérieure à l’offre. Et il n’y a qu’environ 200 sages-femmes pour y répondre.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

À l’adoption de la Politique de périnatalité en 2008 par le gouvernement Charest, on visait 10 % des accouchements faits par les sages-femmes en 2018. Dix ans plus tard, les sages-femmes n’en réalisent qu’environ la moitié. Quelques pistes de solutions.

Après avoir négocié avec le gouvernement, Mounia Amine, présidente du Regroupement Les sages-femmes du Québec (RSFQ), et Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles-CSN (FP-CSN), ont déterminé où les choses achoppent, et quelles sont les solutions à apporter.

D’abord, la demande pour des accouchements avec sages-femmes au Québec est clairement supérieure à l’offre. Et il n’y a qu’environ 200 sages-femmes pour y répondre.

« Dans la Politique de périnatalité 2008-2018, il y avait pourtant une promesse de hausser l’accessibilité des accouchements avec sages-femmes, mentionne Ginette Langlois. Cette promesse n’a pas été tenue et, aujourd’hui, on veut que les choses bougent pour poursuivre le déploiement de la profession. »

Mme Langlois croit que, pour cela, il faudrait que le ministère de la Santé et des Services sociaux réalise un portrait de la main-d’œuvre pour déterminer la croissance des besoins. Or, la FP-CSN a tenté de rencontrer l’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette, pour discuter de cette question et d’autres, sans succès. « Il a l’impression que les sages-femmes ne sont pas encore prises au sérieux, au même titre que les autres professionnels de la santé », dit-elle.

Mounia Amine croit aussi qu’il faut planifier la main-d’œuvre et bien la répartir sur le territoire. Elle ne voudrait pas, par exemple, que des régions soient favorisées au détriment d’autres. « Ainsi, pour encourager le travail en régions éloignées, il faudrait qu’il y ait une prime, ce qui n’existe pas en ce moment, » déplore-t-elle.

La présidente du RSFQ aimerait aussi que le gouvernement fasse la promotion de la profession pour diminuer les mythes l’entourant, les préjugés et la méconnaissance de la pratique. « Il faudrait notamment qu’il y ait une meilleure collaboration avec l’équipe médicale, » dit-elle.

Un espoir avec la CAQ ?

La présidente de la FP-CSN espère qu’avec l’arrivée de la CAQ au pouvoir (qui veut faire plus avec moins), les sages-femmes auront une meilleure écoute, notamment parce qu’un accouchement périnatal revient à 25 % moins cher qu’un accouchement à l’hôpital. Mais ce qui est encore plus important, selon elle, c’est qu’un accouchement avec sage-femme diminue de façon marquée les interventions médicales telles que les césariennes.