Un accord sur l'ALENA conclu entre le Canada et les États-Unis

Ottawa et Washington ont conclu une entente pour un renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain.
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse Ottawa et Washington ont conclu une entente pour un renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain.

Le Canada a ouvert une brèche dans la gestion de l’offre similaire à celle qui avait été accordée dans l’Accord de Partenariat transpacifique (PTP) pour conclure les négociations de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), a confirmé La Presse canadienne.

Le PTP avait ouvert 3,25 pour cent du marché de produits laitiers. Le gouvernement fédéral prévoit indemniser les agriculteurs qui seront touchés.

S’il a fait des concessions sur la gestion de l’offre, le Canada a toutefois pu conserver l’exemption culturelle, qui est en quelque sorte un rempart pour protéger le secteur de la culture.

« C’est une bonne journée pour le Canada », s’est contenté de dire le premier ministre Justin Trudeau à sa sortie du conseil des ministres peu après 23 h dimanche soir.

« On va en parler demain, a-t-il ajouté avant de s’engouffrer dans sa voiture. On va en parler demain, promis. »

Les négociations de l’ALENA ont finalement connu leur aboutissement dimanche soir. Le nom Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) a été modifié pour Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC).

Dans une déclaration commune publiée dimanche soir, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et le représentant au Commerce des États-Unis, Robert Lighthizer, ont remercié le ministre mexicain de l’Économie, Ildefonso Guajardo, « pour sa collaboration solide au cours des derniers 13 mois ».

Ils ont qualifié cet accord de principe de « moderne et adapté aux réalités du 21e siècle » qui « donnera lieu à des marchés plus libres, à un commerce plus équitable et à une croissance économique solide ».

Chrystia Freeland, et l’ambassadeur des États-Unis, David MacNaughton, ont travaillé d’arrache-pied, à distance et à la dernière minute, pour parvenir à un accord en fin de semaine.

Dimanche, le Canada a cherché à obtenir des garanties pour ne pas être frappé par des droits de douane, en vertu de l’article 232 sur les exportations d’acier, d’aluminium et d’automobiles, que le président américain Donald Trump a imposé ou menacé d’imposer pour des raisons de sécurité nationale.

Le président du Congrès du travail du Canada, Hassan Yussuff — qui a été tenu informé de l’état des négociations — juge que l’enjeu important demeurait l’article 232.

Les deux parties se sont entendues sur un mécanisme de résolution des conflits similaires à ce qui est compris dans l’actuel ALENA, selon Daniel Ujczo, un avocat en droit commercial international qui représente les constructeurs automobiles américains et les manufacturiers de pièces automobiles.

Cette question a longtemps bloqué les progrès à la table des négociations. Elles auraient aussi trouvé un terrain d’entente sur les seuils d’exemptions pour les articles exportés au Canada qui passerait de 20 $ à 100 $.

Les négociateurs ont porté leurs efforts principaux sur les droits douaniers et l’article 232. « Ils passent beaucoup de temps à tenter de régler cette question », a-t-il dit.

Même Justin Trudeau aurait été entraîné dans la mêlée. Alors que le premier ministre passe généralement ses dimanches à faire des activités personnelles, son agenda indiquait qu’il participait à des « réunions privées ».

Le président américain a exigé à plusieurs reprises des concessions sur la gestion de l’offre qui régit l’industrie laitière au Canada.