Le Bloc québécois retrouve tous ses députés

Pour rebâtir les ponts, le chef par intérim, Mario Beaulieu, va céder sa place à la tête du Bloc québécois.
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir Pour rebâtir les ponts, le chef par intérim, Mario Beaulieu, va céder sa place à la tête du Bloc québécois.

La crise au Bloc québécois semble terminée. Les cinq députés démissionnaires qui avaient claqué la porte du parti l’hiver dernier sont revenus au sein de la formation souverainiste. Le Bloc québécois est uni, ont martelé les élus des deux clans.

«Le Bloc revient en force», lançait le chef intérimaire, Mario Beaulieu, lundi, accompagné de nouveau des députés qui avaient promis de fonder leur propre parti Québec debout. «Tout le monde a mis de l’eau dans son vin. Et on a réussi à vraiment réunifier le Bloc.»

Pourtant, au printemps dernier, les cinq députés démissionnaires juraient que, pour eux, le Bloc québécois était à jamais chose du passé. «Ce n’est plus le Bloc dans lequel j’étais», tranchait notamment Rhéal Fortin.

Pause estivale salutaire

La pause estivale a cependant changé les choses, a fait valoir le doyen et cofondateur de la formation, Louis Plamondon lundi. «La dynamique s’est transformée pendant l’été, a-t-il expliqué. Il y a un désir de collaborer qu’on ne sentait pas du tout il y a quelques mois.» Des représentants de l’ancien camp, qui avait mené la fronde contre l’ex-chef Martine Ouellet, se sont fait élire au bureau national du parti. Mario Beaulieu a également adouci le ton et ouvert le dialogue avec les dissidents afin d’en arriver à une réconciliation. Mais, surtout, les démissionnaires bloquistes ont constaté que les militants ne voulaient pas de deux partis souverainistes sur la scène fédérale.

«Tout le monde s’interrogeait et on voyait qu’il y avait un désir continuel d’un seul parti», a relaté Louis Plamondon. «On voyait ce désir chez les membres du Bloc et chez la population. Et nous, on a à être les représentants de nos membres et de la population.»

La dynamique s’est transformée pendant l’été. Il y a un désir de collaborer qu’on ne sentait pas du tout il y a quelques mois.

Même les associations de circonscriptions des députés démissionnaires — Louis Plamondon, Rhéal Fortin, Monique Pauzé, Luc Thériault, et Gabriel Ste-Marie — souhaitaient toutes leur retour au Bloc québécois, avait constaté Le Devoir.

Les dissidents bloquistes avaient rejeté le leadership de Martine Ouellet, en février dernier. Mais cinq d’entre eux refusaient toujours de revenir au Bloc à la suite de la démission de la chef en juin, notamment parce qu’ils craignaient que le parti avec Mario Beaulieu à sa tête continue de ne se faire qu’un outil de promotion de la souveraineté sur toutes les tribunes plutôt qu’un défenseur aussi des intérêts du Québec à Ottawa. «Pour moi, c’est les deux côtés d’une même médaille», a fait valoir M. Beaulieu lundi.

Ce sempiternel débat ne risque-t-il pas toutefois de se poursuivre, dans les rangs bloquistes ? Et les militants «pressés» ne seront-ils pas déçus de voir le Bloc délaisser la promotion de la souveraineté avant tout ? «Je ne considère pas du tout qu’il y a des changements pour diluer cette approche, a rétorqué M. Beaulieu. J’ai été élu sur ce mandat-là. Je n’ai jamais dérogé de ça.»

La députée Marilène Gill a quant à elle invité les bloquistes pressés à participer à la refondation du parti. Le Bloc québécois entamera une grande réflexion cet automne, en vue de revoir son programme et son nom, et de se choisir un nouveau chef au mois de mars.