Halifax impose une interdiction massive de fumer

Les contrevenants pourraient se voir imposer des amendes allant de 25 $ à 2000 $.
Photo: Jonathan Hayward Archives La Presse canadienne Les contrevenants pourraient se voir imposer des amendes allant de 25 $ à 2000 $.

Il sera bientôt interdit à Halifax de fumer sur toute propriété municipale, ce qui inclut les routes, les parcs, ainsi que les trottoirs. Les autorités locales disent vouloir légiférer avant la légalisation du cannabis à des fins récréatives.

Certaines personnes jugent que l’administration est allée trop loin, alors que d’autres estiment que cette décision affectera démesurément les habitants à faible revenu. Mais la Société canadienne du cancer croit qu’il ne s’agit que du début d’une tendance inévitable.

Rob Conningham, analyste politique principal à la Société canadienne du cancer, prédit que plusieurs autres villes canadiennes emboîteront le pas à Halifax. Selon lui, les gens ne veulent plus être exposés à la fumée secondaire lorsqu’ils marchent sur un trottoir.

La semaine dernière, le conseil régional d’Halifax a voté pour imposer cette interdiction massive, qui s’applique aussi aux sentiers et aux terrains de jeu.

La municipalité, qui couvre une population de quelque 400 000 résidants, prévoit réserver des endroits où il sera permis de fumer. Les règles seront appliquées avec l’aide de huit nouveaux agents.

Les contrevenants pourraient se voir imposer des amendes allant de 25 $ à 2000 $.

Le règlement doit entrer en vigueur après la fête du Travail, mais avant la légalisation du cannabis à des fins récréatives, le 17 octobre.

Selon Michael Bryant, de l’Association canadienne des libertés civiles, le règlement aura des conséquences néfastes sur les personnes marginalisées.

« La science sociale est claire : la plupart des personnes aisées ne fument pas de cigarettes, mais il y a un nombre disproportionnellement élevé de personnes à faible revenu qui fument », a-t-il expliqué.

« Par conséquent, il y a un nombre important de personnes désavantagées qui seront affectées négativement par ce règlement. »

Environ 16 pour cent des Canadiens — quelque cinq millions de personnes — fument toujours. Par comparaison, il y avait 50 pour cent de fumeurs en 1965.