Un avenir démographique sombre pour les francophones en Ontario

La proportion des francophones en Ontario était de 4,8% en 2011 et de 4,7% en 2016.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La proportion des francophones en Ontario était de 4,8% en 2011 et de 4,7% en 2016.

Les perspectives démographiques de la francophonie ontarienne sont « alarmantes », a prévenu le commissaire aux services en français de l’Ontario, François Boileau.

Son rapport annuel, déposé mercredi, prédit que malgré l’accroissement de la population francophone en Ontario en 2028, sa proportion par rapport à l’ensemble de la population de la province est en déclin.

La proportion des francophones en Ontario était de 4,8 % en 2011 et de 4,7 % en 2016. Elle pourrait diminuer entre 3,9 % et 4,0 % en 2028, selon les scénarios évalués dans le rapport intitulé « Se projeter, se préparer ». La population francophone de l’Ontario comprend à l’heure actuelle un peu plus de 600 000 personnes.

Le rapport dresse une liste de quatorze recommandations pour contrer ce déclin.

L’immigration à la rescousse

Sept de ces recommandations concernent l’immigration. Une d’entre elles vise à retirer l’exigence de maîtriser l’anglais pour les candidats du volet « Travailleurs qualifiés francophones » du Programme Entrée express.

Une autre cherche à développer une « réelle stratégie en immigration francophone en matière de promotion, de recrutement, de sélection, d’accueil, d’intégration, de formation et de rétention ».

Le Commissariat a particulièrement dans sa mire les immigrants africains, qui constituent déjà 46,1 % de l’immigration francophone récente en Ontario (arrivée entre 2011 et 2016).

« Au regard des tendances, il semble que ce soient les immigrants d’Afrique qui représentent le meilleur potentiel, même si l’Europe demeure un terrain très intéressant. Ces données démontrent l’importance de cibler des activités de recrutement dans ces deux continents », peut-on lire dans le rapport.

Plan d’action

D’autres recommandations concernent le vieillissement de la population francophone et les défis que celle-ci représente pour le système de santé. Une attention est aussi portée aux difficultés vécues par les médias francophones dans la province.

Le rapport recommande finalement que le gouvernement ontarien se dote d’un « Plan d’action sur le développement des communautés francophones et la promotion du français en Ontario ». Ce plan d’action est « un projet ambitieux », mais « plus que nécessaire », a fait savoir M. Boileau dans un communiqué.

Rappelons toutefois que le premier ministre Doug Ford a aboli le ministère des Affaires francophones et que le discours du trône de son gouvernement a été prononcé uniquement en anglais jeudi dernier par la lieutenante-gouverneure, sans mention des Franco-Ontariens.

À cet égard, Stéphanie Chouinard, professeure adjointe de sciences politiques au Collège militaire royal, affirmait au Devoir la semaine dernière que « la communauté franco-ontarienne ne peut pas être rassurée. Ce n’est assurément pas une priorité ».

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a dit accueillir « favorablement » les recommandations du rapport. « Comme le commissaire le souligne : il est grand temps d’agir ! a déclaré le président de l’AFO, Carol Jolin, dans un communiqué. Nous espérons que le nouveau gouvernement mettra en place rapidement des stratégies pour que notre communauté s’épanouisse. Il faut agir maintenant et rendre notre communauté plus forte. »

Il n’a pas été possible de joindre la ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney.