L’opposition interpelle le ministre Hussen à propos des demandeurs d’asile

Le ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen

Alors que les tensions montent entre Ottawa et le nouveau gouvernement de Doug Ford en Ontario, la députée conservatrice fédérale Michelle Rempel veut donner aux ministres provinciaux de l’immigration une autre occasion d’exposer leurs doléances par rapport à la gestion des demandeurs d’asile.

La ministre ontarienne responsable de l’immigration, Lisa MacLeod, présentera volontiers ses griefs, comme elle l’a fait vendredi lors d’une rencontre avec ses homologues fédéraux, provinciaux et territoriaux à Winnipeg.

Rappelons qu’elle avait quitté abruptement la rencontre après un échange houleux avec le ministre fédéral Ahmed Hussen, qui a plus tard accusé l’Ontario de mener une campagne de peur par rapport aux nouveaux arrivants.

À l’occasion de la réunion d’urgence du comité de l’immigration de la Chambre des communes, lundi, des membres de l’opposition tenteront de faire monter la pression sur le gouvernement de Justin Trudeau.

Michelle Rempell déposera alors une motion pour exhorter le comité à évaluer la réponse du gouvernement libéral à la hausse du nombre de demandeurs d’asile en provenance des États-Unis.

De concert avec la porte-parole néo-démocrate en matière d’immigration, Jenny Kwan, elle demandera au comité de tenir deux autres rencontres cet été.

La motion de l’élue albertaine invite aussi le ministre Hussen et ses homologues provinciaux à témoigner devant le comité. Lisa McLeod, qui réclame des excuses de M. Hussen, dit qu’elle ne se fera pas prier.

Tant et aussi longtemps que Trump sera en poste, les États-Unis ne seront pas un endroit sûr pour les demandeurs d’asile

Au sud de la frontière

Pour sa part, Jenny Kwan insiste sur la nécessité d’une stratégie face aux États-Unis, où l’approche répressive du président Donald Trump encouragerait les demandeurs d’asile à fuir vers le nord.

« Tant et aussi longtemps que Trump sera en poste, les États-Unis ne seront pas un endroit sûr pour les demandeurs d’asile », martèle la députée de Vancouvert-Est.

Michelle Rempell a convoqué la rencontre de lundi après que le Québec et l’Ontario eurent signalé un manque d’espace pour héberger les migrants. Le gouvernement ontarien a fait état d’une « crise imminente » si Ottawa n’aide pas à placer les demandeurs d’asile présentement hébergés dans des dortoirs d’universités.

Le premier ministre nouvellement élu de l’Ontario, Doug Ford, souhaite refiler l’entièreté de la facture au gouvernement fédéral, qui a jusqu’à présent offert un soutien de 11 millions $.

Le nombre de demandeurs d’asile qui franchissent la frontière canado-américaine de manière irrégulière est en baisse constante. Selon de nouveaux chiffres dévoilés vendredi, la Gendarmerie royale du Canada en a intercepté 1263 en juin, comparativement à 1869 le mois précédent. En avril, 2560 demandeurs du statut de réfugié avaient été dénombrés par la GRC.