Les manifestations font place au pillage à Port-au-Prince

Des pilleurs ont volé, incendié et vandalisé dimanche des commerces dans la capitale haïtienne.
Photo: Hector Retamal Agence France-Presse Des pilleurs ont volé, incendié et vandalisé dimanche des commerces dans la capitale haïtienne.

Des pilleurs ont volé, incendié et vandalisé dimanche des commerces dans la capitale haïtienne à la suite de deux jours de manifestations violentes en réaction à la tentative du gouvernement de hausser le prix des carburants.

Des journalistes ont vu des jeunes hommes vider les tablettes de supermarchés. Plusieurs corps jonchaient les rues parmi les débris étalés un peu partout.

L'ambassade du Canada en Haïti a annoncé sur Twitter qu'elle sera fermée lundi 9 juillet. 

Selon l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, l’aéroport a dû annuler plusieurs vols et disposerait d’une quantité limitée d’eau et de nourriture.

Denyse Côté, professeure au département de travail social de l’Université du Québec en Outaouais, devait rentrer au pays dimanche après avoir terminé une mission à Port-au-Prince.

En entrevue à La Presse canadienne, Mme Côté a expliqué que son vol a été retardé de 24 heures, en raison des manifestations :

« La journée de dimanche a été moins pire que samedi, c’est beaucoup plus calme, on me dit que les rues sont dégagées. Les manifestants ont fait des barricades avec tout ce qui leur tombait sous la main. Mais si tout va bien, on va pouvoir dégager les rues lundi et je pourrai alors prendre l’avion ».

Madame Côté n’est pas sortie de la maison où elle loge dans la capitale haïtienne, depuis vendredi, toutefois, elle ne semble pas craindre pour sa sécurité :

« Je ne peux pas dire que c’est extrêmement sécuritaire, mais je ne peux pas dire que c’est extrêmement dangereux, non plus. Il n’y a pas d’attaques sur les étrangers, c’est une colère populaire ».

Les réseaux de télécommunications, incluant les services de téléphonie et d’Internet, ont aussi été endommagés dans tout le pays, ce qui rend difficile de rejoindre les gens par les moyens conventionnels.

Le directeur général de la Police nationale d’Haïti, Michel-Ange Gédéon, a ordonné à ses effectifs de sévir contre ceux qu’il appelle les « bandits qui troublent la paix et la sécurité du pays ».

Au moins trois personnes ont été tuées vendredi et les policiers ont rapporté avoir découvert dimanche les corps de quatre autres victimes dans le quartier de Delmas.

Samedi, le gouvernement est revenu sur sa décision qui a mis le feu aux poudres. L’État voulait hausser le prix du pétrole, du diesel et du kérosène de 38 à 51 pour cent.