L’attachement des Québécois au Canada reste stable

Au total des réponses de tous (francos, anglos et autres), on se retrouve avec un attachement positif du Québec au Canada à hauteur de 77 points.
Photo: Chad Hipolito La Presse canadienne Au total des réponses de tous (francos, anglos et autres), on se retrouve avec un attachement positif du Québec au Canada à hauteur de 77 points.

Il reste des choses stables et régulières en ce pays : l’impôt se paye en mars, les Canadiens de Montréal sont sortis des séries du hockey en avril ou en mai et les sondages à l’approche du 1er juillet montrent que l’attachement des Québécois au Canada ne bouge pas, ou si peu.

Le dernier coup de sonde réalisé le mois dernier montre que les francophones se disent très (27,6 %) ou plutôt (43,4 %) attachés au Canada. Les anglophones gonflent le niveau du très fort attachement de quarante points, à 67,2 %, et du second degré à 25,5 %.

« Si vous pensiez que les commémorations autour du 150e anniversaire de la Confédération allaient faire augmenter le degré d’attachement des Québécois francophones au Canada, vous serez déçu des résultats de l’enquête », commente Jack Jedwab, président de l’Association d’études canadiennes (AEC), qui a commandé le sondage. « Moi, je ne suis pas surpris en tout cas. Il y a beaucoup de stabilité quand on regarde les tendances depuis une vingtaine d’années. Le niveau d’attachement des francophones envers le Canada ne bouge pas beaucoup. »

 
77 %
de l’ensemble des Québécois éprouvent de l’attachement pour le Canada

Au total des réponses de tous (francos, anglos et autres), on se retrouve avec un attachement positif du Québec au Canada à hauteur de 77 points. Ce qui reste dans la fourchette des résultats des enquêtes réalisées depuis le début du siècle, ou légèrement au-dessus de la moyenne. L’attachement était au plus bas à 61 % en mai 2010 et au maximum à 79 % en 2001, pour une moyenne de 71 % pour les 18 enquêtes réalisées entre 2000 et 2018.

 

 

Marqueurs identitaires

Même l’âge n’y change rien, enfin n’y change pas grand-chose. Les jeunes de 18-24 ans affichent un total d’attachement de 70,5 % et les vieux de 55-64 ans un score combiné de 69,4 %. Le seuil monte à 84,4 % chez les gens de 75 ans et plus.

M. Jedwab souligne que les réponses ne fluctuent pas non plus en fonction des changements de gouvernement à Ottawa. « L’attachement des autres Canadiens envers leurs provinces demeure aussi relativement élevé dans les sondages, ajoute-t-il. Mais leur attachement au Canada est plus fort. La particularité du Québec, c’est ce détachement relatif des francophones par rapport au Canada. »

Voici d’autres résultats notables de l’enquête :

Marqueurs Une question porte sur les marqueurs culturels et civiques de l’identité. Fait intriguant, au total, les anglophones du Québec se disent plus attachés à leur « groupe linguistique » (90,1 %) que les francophones (85,7 %). Il pourrait s’agir d’un effet dialectique, la revendication identitaire linguistique des uns stimulant celle des autres. Les anglos se sentent aussi plus liés à leur groupe religieux (42,5 %) que les francos (25,6 %) de l’ancienne Priest-ridden Province. Le lien affectif à la ville ou à la région (autour de 80 %) ou aux groupes ethniques (autour de 68 %) se révèle cependant le même dans les deux familles linguistiques.

Relations Les Québécois francophones ayant une opinion positive des relations entre les deux groupes linguistiques fondateurs s’avèrent plus susceptibles de se sentir attachés au Canada. Et vice versa. Les francos qui ont une opinion « très négative » des anglos se disent en même temps « pas du tout attachés » au Canada à près de 48 %.

 

 

Le sondage a été réalisé par la firme Léger Marketing pour l’Association d’études canadiennes et le Quebec Community Groups Network auprès d’un échantillon de 1226 Québécois, dont 871 francophones, 275 anglophones et 106 allophones. Les sondeurs les ont questionnés par Internet du 14 au 17 mai. Un sondage probabiliste semblable aurait une marge d’erreur de 3,5 points 19 fois sur 20.

L’enquête s’inscrit dans une série. Le premier volet du portrait de groupe s’intéressait aux perceptions mutuelles entre les deux groupes linguistiques, somme toute de plus en plus positives. Le second traitait de l’attachement au Québec.

D’autres données suivront et le professeur Jedwab, historien de formation, associé à son collègue le sociologue Jean-Philippe Warren, s’en serviront pour un livre à paraître cette année.

Ils les utiliseront également pour un enseignement sur le sujet des rapports entre les deux solitudes en dialogues, donné en ligne à la saison d’automne. Il s’agira du premier cours entièrement bilingue de l’Université Concordia.

Francophones et anglophones sur les immigrants

Le troisième volet de l’enquête commandée par l’Association d’études canadiennes sert à brosser un portrait des perceptions sur le multiculturalisme. Il débouche sur d’autres distinctions intéressantes :

Immigration. Les francophones ont une opinion un peu moins favorable des immigrants (62,7 % très ou assez positive) que les anglophones (73,4 %). Les deux tiers des francos (65 %), mais moins d’un anglo sur deux (46 %), pensent aussi que les immigrants devaient totalement ou en partie abandonner leurs coutumes et traditions pour se fondre dans la majorité. La division est encore plus nette au sujet du port du hidjab par une policière : les trois quarts (74 %) des francophones et la moitié des « autres » (47 %) sont contre à divers degrés, mais seulement le tiers (33 %) des anglos.

Interculturalisme. Deux philosophies d’échange entre les groupes culturels de la société se côtoient au pays. Le Canada prône le multiculturalisme, et donc un certain pluralisme des communautés en dialogue. Le Québec défend l’interculturalisme, un régime de laïcité inclusive. Le sondage montre que les citoyens appuient les deux options également. « En somme, on peut penser que les distinctions fines des universitaires entre les deux positions ne sont pas comprises par la population », résume M. Jedwab.
10 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 30 juin 2018 04 h 05

    Elvis Gratton rides again...

    ¨J'en ai un max dans l'vente', j'ai une belle grosse minoune pi les moyens de m'payer un gros quat'roues, j'ai jamais eu une si grosse maison à crédit, le sud a jamà été si proche l'hiver, si chu malade j'ai les moyens de payer pour passer avant les autres, j'va au hockey pi à brasserie quand j'veux, au restaurant trois fois par semaine au minimum, j'instruis mes enfants à être de vrais winners, donc s'tie english first, j'ai jamà autant cru que je suis un génie, j'ai jamais autant pogné avec mes grosses piasses, j'ai jamà autant dépensé.
    Faque t'sé veut dire ? La liberté et la fierté de quelques loosers à être chez nous au Québec, qu'essé que ça pourrait bein m'donner de plus ?
    Le Canada a faim et il mange mon identité, mon histoire, ma capacité à me tenir debout sans béquilles ?
    Have a nice meal, Sir !
    Pi le premier qui dit que chu t'un imbécile, j'y casse la gueule comme le Pit a fait à Brazeau...
    Tous ces Indiens pi ces french qui disent qu'ils valent autant que les proud Canadians méritent seulement qu'on leur donne de bonnes grosses leçons pour qu'ils comprennent le bons sang. Le sang-blood united we stand. Celui From sea to sea, and from see to see all in our way.
    Celui Dieu et Mon Droit, Honni Soit Qui Mal Y Pense, God Save the Queen and Ô Canada let's go for it !
    Faque, le french Quwibec qui se calme les nerfs, man. Pi qu'il Speak Whte ou ben qui se la farme.
    Qu'il fasse donc comme ses artisses et ses politiciens célèbres, pi qu'il s'applique à parler la vraie langue comme il faut. Plutôt que de s'entêter stupidement à pardre son temps avec la langue du passé.
    Le futur, y a que ça pour avancer. Pi le futur, c'est partou l'anglais.
    Même les Français de France, à 6000 kilomètres des US s'y mettent enfin, tellement tous les gens qui ont de l'intelligence comprennent l'idée.
    Pi nous aut' faudraient qu'on protègent notre culture et notre langue ?!?
    Qu'on respecte nos Anciens ?
    Wèyons-wèyons chose : All together for Canada !"

  • Serge Lamarche - Abonné 30 juin 2018 04 h 21

    C'est relatif

    Faut faire attention avec ces sondages. Mon interprétation est que les francophones sont de fait moins d'accord avec l'immigration parceque les immigrants s'intègrent moins aux groupes francophones. Si la majorité des immigrants étaient francophone, les opinions s'inverseraient. Il nous faut plus de français, de France ou ailleurs. L'attachement au Canada est bien simple. La francophonie y était jusqu'aux Rocheuses et au Mexique bien avant les anglais. Les canadiens, c'est nous! Bonne fête à mon Canada!

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 30 juin 2018 07 h 07

    … en français, SVP !?!

    « L’attachement des autres Canadiens envers leurs provinces demeure aussi relativement élevé dans les sondages, ajoute-t-il. Mais leur attachement au Canada est plus fort. La particularité du Québec, c’est ce détachement relatif des francophones par rapport au Canada. » (Jack Jedwab, Président, AÉC)

    De ce détachement, en effet, le Québec, une Nation une et indivisible à libérer de, se souvient des rapports de type Durham, de l’ère des Patriotes, des Lacs Meech, de la Nuit des longs couteaux, de la Commission Bouchard-Taylor … .

    De ce genre de Souvenirs, et drôle à redire, le Canada, « ce » pays si loin et si proche de nulle part, aime, aussi, se détacher du Québec lorsqu’il exprime, d’identité et de culture, d’enfants et d’adultes, son nationalisme-patriotisme et son savoir-faire-devenir à la québécoise et …

    … en français, SVP !?! - 30 juin 2018 –

    Ps. : Malgré ou selon ce « Détachement » volontaire et libre, et sans oublier, souhaits de bonne fête accompagnent le Kanada du 1er juillet 2018 ?!?

  • Serge Picard - Abonné 30 juin 2018 07 h 18

    Bonne fête du Canada aux francophones du Québec.

    Justin trudeau sauhaite bonne fête du Canada à tous les francophones du Québec.
    « En continuité de ce que pensait mon père sur la question, je m’éloigne de toute conception de nationalisme du Québec, cette idée dépassée, d’un autre siècle, cette idée qui réduit le Québec à une nation alors que sa culture ne saurait s’épanouir qu’en tant que partie prenante d’un vaste Canada…
    Le nationalisme québécois se fonde sur une étroitesse d’esprit, peu d’intelligence et ne produit que des barrières inutiles.
    Comme mon père, je m’oppose à tous ceux qui peuvent même évoquer le concept de nation pour le Québec » Justin Trudeau

    Le sang «français» et «latin» qui coule dans les veines des Canadiens fait d’eux un peuple «moins organisé» que d’autres croit le premier ministre Justin Trudeau. Les Canadiens plus «désorganisés» à cause des Québécois.
    C’est du moins ce qu’ a laissé entendre dans une entrevue exclusive avec le journal Bild, le plus important quotidien d’Allemagne, en marge du G20 qui se déroulait à Hambourg.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 30 juin 2018 14 h 18

      Ces mots, de la part "Just-in Trudeau", lors du G20 en 2017..: .«Les Canadiens... plus désorganisés à cause des Québécois» et « du sang français et latin qui coule dans leurs veines»... ce mots donc, repris ici lors d'une entrevue exclusive avec le quotidien allemand Bild, démontrent le vrai visage des "Trudeau et Cie" de ce monde. Ces derniers poursuivent... de leur hargne profonde envers les Québécois francophones... un combat qui n'aura de cesse que lorsque le Québec-Pays ...sera!
      À l'instar de Pierre...Justin a renié ses racines plus d'une fois...la pomme est tombée très près du pommier.
      Et le coq a chanté deux fois...






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  • Gilles Bousquet - Abonné 30 juin 2018 08 h 16

    Le Québec un pays souffre de l'attachement canadien au Québec

    Pour diverses raisons, dont le manque de promotion l'option, indépendantisme perd du terrain, avec seulement 28,5 % de Francophones québécois qui ne sont pas attachés au Canada, une perte de 12 points sur le 40 % obtenu par M. Lévesque, pour la souveraineté-association, au référendum de 1 980. Une perte actuelle d’Indépendantistes de 33 %. Est-ce à cause de l'association promise par le PQ-Lévesque du temps ? Probablement qu'une question sur la simple indépendance du Québec aurait alors rapporté ce 28 % de OUI, des non attachés au Canada du temps.

    Fait que, les Indépendantistes doivent attacher leurs tuques, le vent est de face pour le "Québec un pays", M. Lisée préfère suivre le courant, en repoussant le référendum et sa promotion, pendant que Martine voulait lui faire face ainsi que M. Aussant et Mme Lapointe, arrivés au PQ sur le tard, pour pouvoir assez de temps, changer le vent de bord. De ce 28 % de pas attachés au Canada, selon les derniers sondages, 14 % veulent voter PQ, 11 % veulent voter Québec solidaire.Il en reste 3 % pour voter pour la CAQ, parti nationaliste-fédéraliste, dans le Canada.