La réception de l’ambassadrice des États-Unis boudée par des politiciens

L’ambassadrice américaine au Canada, Kelly Craft
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne L’ambassadrice américaine au Canada, Kelly Craft

C’est normalement l’un des événements les plus courus de l’été dans la « bulle d’Ottawa ». Mais cette année, certains ont choisi de bouder la réception du 4 juillet afin de protester contre le mauvais traitement qu’a réservé Donald Trump au Canada ces derniers mois.

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, est de ceux qui ont décliné l’invitation de l’ambassadrice américaine Kelly Craft de célébrer le Jour de l’Indépendance des États-Unis à sa résidence officielle dans le cossu quartier de Rockcliffe.

« Je suis fatigué, comme de nombreux Canadiens, des gazouillis et des attaques que fait constamment le président, que ce soit contre le premier ministre, contre nos travailleurs de l’acier, de l’aluminium, de l’automobile, des produits laitiers », a-t-il expliqué jeudi à CTV.

« Et je crois que cela envoie un message symbolique que je ne suis pas intéressé à appuyer une administration qui attaque constamment notre économie », a-t-il fait valoir en entrevue au réseau anglophone.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a « fait le choix » de « ne pas aller à la réception », a-t-on signalé au parti, où l’on « appuie le mouvement de boycott » de la fête.

« Cependant, les tactiques d’intimidation de Donald Trump sont très sérieuses et il faut en faire plus que d’esquiver une réception pour s’attaquer aux problèmes entre les États-Unis et le Canada », a argué une porte-parole, Kathryn LeBlanc.

Le premier ministre Justin Trudeau n’y sera pas, a confirmé vendredi une source gouvernementale, signalant qu’il ne fallait toutefois pas établir un lien entre cette absence et le mouvement de boycott. C’est le secrétaire parlementaire des relations canado-américaines, Andrew Leslie, qui y sera au nom du gouvernement.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, qui pilote l’épineuse renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), ne sera pas à la réception.

« Elle n’y participera pas à cause d’autres contraintes, tout comme l’année dernière », a précisé son attaché de presse, Adam Austen.

De son côté, le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, « a reçu une invitation et il ne peut y aller en raison d’autres engagements », a indiqué son attachée de presse, Virginie Bonneau.

Invitée à dire ce que la formation politique pensait du boycott de la réception, elle a écrit que « les conservateurs considèrent qu’en ce moment, il est opportun de garder les canaux de communication ouverts des deux côtés de la frontière ».

L’ambassade des États-Unis n’avait pas commenté la situation au moment où ces lignes étaient publiées, vendredi.

C’est vendredi, justement, que le gouvernement canadien a annoncé son plan d’aide aux travailleurs des industries qui sont frappées de plein fouet par les tarifs douaniers décrétés le 1er juin dernier par le président des États-Unis, Donald Trump.

La ministre Freeland a aussi dévoilé la liste finale des produits qui feront l’objet d’une surtaxe.

La réception de l’ambassadrice Craft aura lieu trois jours après l’entrée en vigueur de ces mesures de rétorsion.