Le conservateur Richard Martel élu dans Chicoutimi—Le Fjord

Le conservateur Richard Martel a remporté la partielle dans Chicoutimi—Le Fjord, lundi soir.
Photo: Jeannot Lévesque Le Quotidien Le conservateur Richard Martel a remporté la partielle dans Chicoutimi—Le Fjord, lundi soir.

Justin Trudeau en développera-t-il une triskaïdékaphobie? La bataille dans Chicoutimi—Le Fjord s'étant soldée lundi soir par l'élection du conservateur Richard Martel était la 13e élection partielle fédérale à se dérouler sous son règne de premier ministre, et la première où le chef libéral a perdu des plumes.

M. Martel a été élu avec 52,7% des voix exprimées alors que la candidate libérale, Lina Boivin, a mordu la poussière avec 29,5%. La bloquiste Catherine Bouchard-Tremblay, qui a dû faire campagne sans l’aide de l’exécutif local parti en guerre contre la chef Martine Ouellet, est arrivée très loin derrière, avec 5,6%, ce qui l’a placée au quatrième rang derrière le néodémocrate Éric Dubois, qui a obtenu 8,7%, et seulement légèrement devant la candidate du Parti vert Lynda Youde et ses 3,1%. L'indépendant John The Engineer Turmel a obtenu 101 petits votes sur les 23 263 enregistrés. Le taux de participation a été de 35%.

Fin des victoires

Depuis l'élection générale de 2015, 12 élections partielles fédérales avaient eu lieu : sept provoquées par le départ d'un député conservateur et cinq par le départ d'un libéral. Les troupes de Justin Trudeau avaient réussi à non seulement conserver leurs cinq sièges, mais à en arracher deux aux conservateurs, dont celui de Lac-Saint-Jean laissé vacant par l'ancien ministre Denis Lebel. Lundi a marqué une rupture avec cette succession de victoires. Les libéraux n'ont pas réussi à conserver Chicoutimi—Le Fjord que Denis Lemieux avait ravi pour eux en 2015. Il a démissionné cet automne pour des raisons personnelles.

Cette victoire conservatrice constitue un revirement marqué puisqu'en 2015, le candidat de Stephen Harper avait terminé la course dans Chicoutimi—Le Fjord en quatrième place avec 17% des suffrages exprimés. Richard Martel est très connu dans sa région, lui qui a été entraîneur dans la ligue de hockey junior majeur du Québec. Ce parcours lui a bâti une réputation de fort en gueule.

Inversement, les résultats confirment l'effondrement du vote néodémocrate et bloquiste. En 2015, le parti de Thomas Mulcair avait récolté 30 % d’appuis dans la circonscription, arrivant à quelques voix du vainqueur libéral. Le Bloc québécois avait obtenu 20,5 %, soit presque quatre fois plus que son score de lundi soir.

Dans une déclaration écrite, le chef conservateur Andrew Scheer a présenté sa victoire comme le signe que «les Québécois et les Canadiens en ont assez de voir le premier ministre évoluer dans son monde de déficits élevés et de hausses de taxes et d’impôts». Selon M. Scheer, les citoyens «sont déçus par ce gouvernement libéral» et il leur proposera d’ici 2019 une équipe qui «croi[t] en des dépenses responsables et des réductions d’impôts afin de rendre la vie plus abordable».

Les conservateurs accordaient beaucoup d’importance à l’élection de lundi, la présentant comme le prélude à leur reconquête du Québec. Chicoutimi—Le Fjord a la particularité d’avoir été représentée par les quatre principaux partis politiques fédéraux depuis 1984 et est parfois considérée comme une circonscription baromètre. La semaine dernière, dans les coulisses conservatrices, on s’attendait déjà à ce qu’une victoire soit minimisée par les adversaires au motif que c’est la notoriété locale de Richard Martel et non la stature nationale de son chef Andrew Scheer qui lui a permis d’être élu. «Mais nous on se dit que c’est parce que notre chef doit être plutôt bon qu’il réussit à recruter des Richard Martel.»

N’empêche, le visage de Richard Martel trônait en solitaire sur ses affiches électorales alors que celui de Justin Trudeau était bien visible sur celles de sa candidate Lina Boivin.

5 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 19 juin 2018 07 h 23

    35%

    Le chiffre qui m'a le plus frappé, 35% de participation électorale. 65% ne pourront ps se plaindre ensuite.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 19 juin 2018 13 h 51

      Peut-être que ce 35 % démontre le peu d'intérèt des gens de cette région pour...la politique fédérale.
      Et qu'il y a encore une chance 65% que la flamme et la fierté québécoise des "bleuets" soient toujours intactes comme dans le temps...

  • Gilles Théberge - Abonné 19 juin 2018 08 h 10

    C’eut pu être une belle victoire pour le Bloc. Mais le crochet désastreux de Martine Ouellet à Ottawa a gâché la sauce de façon irrémédiable j’en ai bien peur.

    Mais au moins, on est sorti du pays des licornes de Trudeau. C’est ça de gagné.

    • Philippe Hébert - Abonné 19 juin 2018 12 h 06

      Vous rigolez?

      Au lendemain de l'annonce dela démission de Martine Ouellet, 5 des 7 députés démissionnaires ont refusés de réintégrer le Bloc, alors que depuis le début de ce putch, ils disaient que Martine était l'unique problème au Bloc, que ce que l'équipe Ouellet décriait sur la place publique, c'est à dire, de faire le choix entre promouvoir l'indépendance ou de défendre les intérêts du Québec, n'était qu'un faux débat, que les deux étaient en fait la même chose.

      Hors, 5 des 7 putchistes refusent de réintégrer le Bloc désormais en disant qu'ils ne peuvent défendre les intérêts du Québec en promouvant l'indépendance.

      Martine avait raison, le Bloc est un parti gangréné par les agents d'assurance fédérale.

  • Serge Lamarche - Abonné 19 juin 2018 14 h 20

    Effet local

    La distribution des votes s'explique tout à fait d'après les popularités locales et les efforts fournis. Pas baromètre. Mais il est certain que les Libéraux vont perdre des plumes avec les quelques grosses mauvaises décisions comme le refus du vote proportionnel et l'achat de l'oléoduc.