Andrew Scheer retire Maxime Bernier de son cabinet fantôme

Le chef conservateur n’explique pas sa décision de retirer le député de Beauce du cabinet fantôme.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le chef conservateur n’explique pas sa décision de retirer le député de Beauce du cabinet fantôme.

Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, éjecte son ancien rival à la chefferie, Maxime Bernier, du cabinet fantôme de l’opposition officielle.

Il l’a fait mardi soir, par voie de communiqué, sans expliquer la raison derrière sa décision.

« J’ai retiré Maxime Bernier du cabinet fantôme de l’opposition officielle, en vigueur immédiatement », est-il écrit dans cette déclaration transmise peu avant 20 h.

Le député Bernier, connu pour son franc-parler, a été au cœur de quelques controverses au cours des derniers mois.

L’élu s’était déjà attiré les foudres de ses collègues en publiant un extrait de son livre à paraître, et dans lequel il affirmait qu’il s’était fait ravir le leadership de son parti parce qu’Andrew Scheer avait recruté de « faux conservateurs ».

Il faisait ainsi référence aux nombreux agriculteurs qui ont voulu lui faire obstacle à cause de sa position contre le maintien de la gestion de l’offre.

La goutte qui a fait déborder le vase est la publication, sur son site Internet, d’un chapitre de son livre à paraître qui portait sur la nécessité d’abolir la gestion de l’offre pour les produits laitiers, les œufs et la volaille.

« Maxime n’a pas tenu sa promesse. Il avait promis de retirer son livre, et là, on s’est rendu compte qu’il avait renié sa promesse. On ne peut tolérer qu’un membre du cabinet fantôme ne tienne pas sa promesse », a expliqué mardi soir une source conservatrice.

Le chapitre était toujours en ligne au moment de publier ces lignes, mardi, vers 21 h 30.

Le président américain Donald Trump s’est souvent attaqué au système de gestion de l’offre, et il l’a fait tout récemment lorsqu’il a sabordé l’entente intervenue entre les dirigeants du G7 réunis à La Malbaie.

Le contexte actuel n’est ainsi pas étranger à la décision de dépouiller Maxime Bernier de ses responsabilités.

« Le » timing « a une importance. Il n’est pas un joueur d’équipe. L’importance d’être un front uni est là. On ne veut pas mettre d’huile sur le feu », a ajouté la même source conservatrice.

Maxime Bernier avait mené sa campagne à la chefferie en promettant de mettre fin au système de gestion de l’offre, qu’il considère comme un cartel.

Il s’est incliné au dernier des 13 tours de scrutin, alors qu’il avait mené dans les 12 rondes précédentes. Andrew Scheer l’a coiffé au poteau de justesse, avec un score de 50,95 %.

Au bureau du chef Scheer, on a refusé de préciser pourquoi le Beauceron s’est fait montrer la porte du cabinet fantôme. La porte-parole Virginie Bonneau a toutefois signalé, mardi soir, qu’il « fait toujours partie du caucus conservateur ».

La réunion du caucus national aura lieu mercredi.

Querelles Twitter

L’élu de Beauce a aussi eu des prises de bec publiques, sur Twitter, avec la députée libérale Celina Caesar-Chavannes, sur des questions raciales.

Il y a environ deux semaines, il avait reproché à l’élue noire de penser que « le monde gravite autour de la couleur de [sa] peau », une affirmation qui lui avait valu d’être accusé d’« ignorance » par l’élue libérale.

Deux mois auparavant, les deux avaient eu un échange acrimonieux sur le même réseau social.

Maxime Bernier avait critiqué la décision du gouvernement Trudeau de mettre des sommes de côté au budget pour des programmes destinés aux Canadiens issus de minorités culturelles.

La députée Caesar-Chavannes lui avait conseillé « d’admettre son état de privilégié et de se taire ».

Elle lui avait ensuite présenté ses excuses, reconnaissant avoir eu tort de lui avoir dit de se taire, et lui avait proposé d’en discuter en personne — une invitation que le conservateur avait déclinée.