Ottawa dévoile sa nouvelle stratégie de cybersécurité

Le plan dévoilé mardi constitue une mise à jour de la première stratégie du Canada sur la cybersécurité adoptée en 2010.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Le plan dévoilé mardi constitue une mise à jour de la première stratégie du Canada sur la cybersécurité adoptée en 2010.

Le gouvernement fédéral a dévoilé, mardi, sa nouvelle stratégie de cybersécurité dont l’objectif est de « protéger les renseignements personnels numériques des Canadiens, la sécurité ainsi que l’économie ».

Pour financer ce nouveau plan d’action, Ottawa prévoit investir 507,7 millions $ sur cinq ans, un financement déjà annoncé dans le budget de 2018. L’éventail de mesures énumérées dans la stratégie s’applique à la fois aux citoyens et aux entreprises.

Parmi les mesures prévues, on note la création du Centre canadien pour la cybersécurité cet automne, la mise sur pied de l’Unité nationale de lutte contre la cybercriminalité, l’offre d’un programme de certification en cybersécurité pour les petites entreprises et des ressources supplémentaires pour aider la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à combattre les crimes sur Internet.

Le financement prévoit notamment 155,2 millions $ sur cinq ans et 44,5 millions $ par année par la suite pour créer le Centre canadien pour la cybersécurité.

« Nous devons mieux nous protéger et protéger nos systèmes contre les cybermenaces changeantes tout en élargissant notre capacité à combattre la cybercriminalité et à traduire en justice les contrevenants », a affirmé le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale.

Certains obstacles se dressent toutefois devant la concrétisation de ce plan d’action, dont une pénurie d’experts en cybersécurité, ce qui rend difficile le recrutement de nouveaux talents par le gouvernement fédéral.

Le plan dévoilé mardi par les ministres Ralph Goodale, Harjit S. Sajjan et Navdeep Bains, qui constitue une mise à jour de la première stratégie du Canada sur la cybersécurité adoptée en 2010, vise à faire du Canada un leader mondial en cybersécurité et à créer de nouveaux emplois, mais aucune mesure n’est prévue pour inciter plus de travailleurs à se spécialiser dans le domaine.

Le gouvernement espère que de positionner le Canada comme un leader mondial en cybersécurité réglera non seulement ce problème de recrutement, mais ajoutera aux quelque 11 000 emplois et 1,6 milliard $ qui seraient déjà générés par le secteur chaque année.

« Il s’agit d’un immense défi et d’une immense occasion d’affaires », a dit M. Goodale à propos de la pénurie de spécialistes en cybersécurité.

« Le monde réclamera des gens avec ces aptitudes et expertises qui comprennent la cybersécurité et peuvent livrer la marchandise pour leurs employeurs, qu’ils soient du secteur privé ou du secteur public », a ajouté le ministre.

Les PME satisfaites

La stratégie n’inclut toutefois pas de financement particulier pour avoir plus de Canadiens sur le terrain, et ne prévoit pas d’argent pour aider l’industrie à concevoir de nouveaux produits en cybersécurité.

Par ailleurs, rien n’indique ce que le Canada entend faire concernant les grandes entreprises étrangères de télécommunications comme Huawei, que les responsables des services de renseignement aux États-Unis ont identifiée comme un risque pour la sécurité nationale.

L’accent mis sur l’aide aux petites entreprises pour qu’elles protègent mieux leurs activités et leurs clients a été salué par l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI), qui représente les domaines Internet canadiens.

« Les petites et moyennes entreprises canadiennes sont la colonne vertébrale de notre économie, mais sont aussi les plus vulnérables », a souligné le président Byron Holland.

« Offrir à ces entreprises les stratégies et les ressources nécessaires est essentiel pour contenir la marée de cybermenaces », a-t-il affirmé.

Toutefois, la stratégie a été critiquée par le Conseil des innovateurs canadiens pour son manque de financement particulier visant à aider l’industrie de la cybersécurité au Canada à croître.

« Il est décevant de voir un manque d’engagement à construire le cybersecteur canadien », a dit le directeur général Benjamin Bergen.

« Le cybersecteur est celui en plus forte croissance dans les technologies de l’information et des communications, et les innovateurs canadiens offrent une occasion à notre gouvernement de faire croître notre économie et de déployer des solutions technologiques de classe mondiale pour protéger les frontières numériques du Canada », a-t-il fait valoir.