Philippe Couillard mise sur l’économie pour maintenir ses liens avec l’Ontario

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

Le premier ministre Philippe Couillard mise sur « l’importance économique primordiale » de la relation entre le Québec et l’Ontario pour travailler de pair avec son nouvel homologue ontarien, Doug Ford, dont les idées et les promesses se heurtent sur plusieurs points à la vision de son gouvernement.

Le premier ministre Ford sera assermenté le 29 juin, moins d’un mois avant sa première rencontre avec Philippe Couillard, le 18 juillet au Nouveau-Brunswick, à l’occasion du Conseil de la fédération.

Illustration: Le Devoir Élus conservateurs en bleu, néodémocrates en orange, libéraux en rouge, et vert en vert 

Mais les deux élus ont déjà discuté, a confirmé le premier ministre du Québec vendredi. « Je lui ai rappelé l’importance économique primordiale de notre relation, de cette notion d’un Canada central fort, que constituent le Québec et l’Ontario, puisque [nous représentons] 70 % [de l’économie canadienne] », a déclaré Philippe Couillard. « Nous sommes chacun le partenaire principal de l’autre. Nous nous sommes entendus pour continuer le même niveau économique d’échanges et de relations. »

Le chef libéral a ainsi évité de répondre directement aux questions sur l’intention de Doug Ford de mettre fin à la participation de l’Ontario à la Bourse du carbone avec le Québec et la Californie. À Toronto, Doug Ford a déclaré avoir l’intention de tenir chacune de ses promesses électorales.

« J’ai suggéré à M. Ford qu’on continue cette tradition d’avoir des réunions conjointes des conseils des ministres. Ça donne de la force à cette image du Canada central, et j’ai senti qu’il y réfléchissait de façon positive », a poursuivi le premier ministre Couillard. Au passage, il a rendu hommage à son « amie » Kathleen Wynne, qui a tiré sa révérence jeudi soir après une défaite ayant relégué le Parti libéral ontarien au rang de troisième opposition.

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a quant à lui vu un « avertissement important » dans la victoire des conservateurs en Ontario. « Se débarrasser des libéraux, c’est bien, mais les remplacer par un parti qui va affaiblir les services publics, privatiser et affaiblir l’État, ne pas se préoccuper de l’environnement, c’est pire. Au Québec, [à l’élection du] 1er octobre, il ne faudra pas se tromper », a-t-il déclaré.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a salué la victoire électorale de Doug Ford et le succès des Capitals de Washington dans un même tweet. « Grosse soirée ! Gros changements ! Bravo à Doug Ford et Alexander Ovechkin ! » a-t-il écrit. Son équipe s’est dite « prête à travailler » avec le futur premier ministre ontarien, à qui elle laisse pour le moment « le temps de s’installer ».

Québec solidaire s’est présenté comme un « antidote aux Doug Ford et autres Trump de ce monde ». « C’est triste de voir qu’un autre politicien aux idées simplistes et démagogiques prend la tête d’un gouvernement voisin du Québec, amplement aidé par un mode de scrutin qui ne représente pas la volonté populaire », s’est désolé le député Gabriel Nadeau-Dubois.