Doug Ford porté à la tête d’un gouvernement majoritaire en Ontario

«Nous allons faire de l’Ontario, à nouveau, le moteur économique du Canada», a déclaré le nouveau premier ministre de l'Ontario, Doug Ford.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne «Nous allons faire de l’Ontario, à nouveau, le moteur économique du Canada», a déclaré le nouveau premier ministre de l'Ontario, Doug Ford.

Après quinze ans de règne libéral, le conservateur Doug Ford a été élu jeudi premier ministre de l’Ontario, porté à la tête d’un gouvernement majoritaire. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) est devenu le parti d’opposition officielle, tandis que la déconfiture du Parti libéral a entraîné la démission de sa chef, Kathleen Wynne.

« Ensemble, nous avons marqué l’histoire », a lancé Doug Ford lors de son discours de victoire prononcé devant ses partisans vers 22 h 30.


 

« Nous allons nous assurer que l’Ontario est le meilleur endroit sur la planète pour vivre, faire des affaires et fonder une famille. Nous allons faire de l’Ontario, à nouveau, le moteur économique du Canada », a-t-il ajouté, saluant au passage son défunt frère Rob, ex-maire de Toronto, « qui le regarde du paradis ».

M. Ford a promis de mener un gouvernement « transparent » et « intègre », au bénéfice des contribuables ontariens.

« Les Ontariens ont répondu comme jamais auparavant », s’est pour sa part réjouie la chef du NPD, Andrea Horwath, devenue jeudi chef de l’opposition officielle.

La première ministre sortante, Kathleen Wynne, a quant à elle annoncé en soirée sa démission comme chef du Parti libéral de l’Ontario. Au moment où ces lignes étaient écrites, avec 52 bureaux de scrutin dépouillés sur 53, elle ne détenait que 43 voix d’avance sur son adversaire conservateur dans sa circonscription de Don Valley-Ouest.

Vers 23 h, alors que plus de 90 % des bureaux de vote étaient dépouillés à la grandeur de la province, le Parti conservateur de l’Ontario (PCO) était en voie de mettre la main sur 74 des 124 sièges de l’Assemblée ontarienne, contre 40 pour le NPD, 7 pour le PLO et 1 pour le Parti vert.

Le scrutin général de jeudi en Ontario a été marqué par quelques problèmes techniques. Les bureaux de vote d’au moins sept circonscriptions ont dû fermer plus tard que prévu en raison de pépins avec les nouvelles machines de numérisation et de tabulation utilisées pour accélérer le décompte des voix.

Fin de campagne serrée

La campagne électorale ontarienne a surtout donné lieu à un affrontement entre Doug Ford et la néodémocrate Andrea Horwath, la première ministre sortante Kathleen Wynne étant loin derrière dans les sondages.


 

Le PCO détenait une avance confortable sur ses adversaires à quelques mois des élections, mais l’écart s’est grandement rétréci au cours des dernières semaines. Les derniers sondages plaçaient les conservateurs et les néodémocrates au coude-à-coude, mais les troupes de Doug Ford ont finalement réussi à s’imposer.

M. Ford a fait campagne en promettant notamment d’abaisser le prix de l’essence de 10 cents de litre, de réduire les impôts des Ontariens de la classe moyenne et de renvoyer le patron d’Hydro One, critiqué pour son salaire jugé trop élevé.

Ses adversaires lui ont constamment reproché de ne pas avoir dévoilé de cadre financier détaillé. « On n’a aucune idée de la manière dont M. Ford va payer les baisses d’impôts et les dépenses qu’il promet », a confirmé la professeure d’études politiques à l’Université d’Ottawa Geneviève Tellier en entrevue au Devoir la semaine dernière.

Impacts sur le Québec

On peut déjà prévoir que l’élection de Doug Ford en Ontario aura des conséquences directes sur le Québec, si on en croit ses promesses électorales. Le nouveau premier ministre de la province la plus populeuse du Canada a notamment promis de retirer l’Ontario du marché du carbone, dont font partie le Québec et la Californie, et de rejeter toute taxe sur le carbone.

« Un sentiment d’injustice pourrait se développer au Québec et mener à des pressions pour nous aussi mettre la pédale douce sur des objectifs [de réduction des émissions de GES], qui ne sont de toute manière pas en voie d’être atteints étant donné notre nonchalance », expliquait récemment au Devoir le professeur à HEC Montréal Pierre-Olivier Pineau, spécialiste des questions énergétiques.

5 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 8 juin 2018 09 h 48

    C’est une très mauvaise nouvelle pour Trudeau, ce qui me réjouit. D’autant qu’il ne lui reste qu’une année avant de subir les foudres de l’électorat.

    • Patrick Boulanger - Inscrit 8 juin 2018 13 h 40

      M. Théberge, votre réjouissance de déçoit. Vous n'êtes pas sans savoir que l'Ontario est maintenant pris avec un gouvernement conservateur. En outre, cela va possiblement engendrer une pression pour diminuer la réduction des gaz à effet de serre au Québec.

      C'est bien beau détester M. Trudeau, mais il ne faut pas perdre de vue le tableau d'ensemble.

  • Raymond Labelle - Abonné 8 juin 2018 13 h 06

    Baisser la taxe sur l'essence...

    ...un encouragement pour les véhicules utilitaires.

    Enlever la taxe sur le carbone.

    Enfin...

  • Raymond Labelle - Abonné 8 juin 2018 13 h 10

    Un vrai magicien: baisses d'impôt, augmentation des dépenses et diminution de la dette.

    Il promet baisses d'impôt, une augmentation des dépenses et une diminution de la dette, ne dit pas comment il va faire et... obtient 40% du vote. La population ontarienne me déçoit (60% a voté contre, il est vrai, mais 40% c'est beaucoup, considérant que...).

    Espérons au moins que la population québécoise ne nous décevra pas le moment venu.

  • Serge Lamarche - Abonné 8 juin 2018 16 h 16

    Problème de système

    Tant que le système ne sera pas changé, il y aura des majorités avec 40% d'appui.