Ottawa dévoile son test environnemental pour les projets d’infrastructure

Le premier ministre Justin Trudeau et le ministre des Infrastructures, Amarjeet Sohi
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau et le ministre des Infrastructures, Amarjeet Sohi

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a établi les critères du test environnemental que les nouvelles infrastructures de transport et les nouveaux réseaux d’approvisionnement en eau devront passer afin d’aider les municipalités et les provinces à faire des choix plus verts en matière de construction.

Le ministre des Infrastructures Amarjeet Sohi parlait depuis longtemps de considérer l’aspect écologique des projets que le gouvernement fédéral financera dans le cadre de son plan d’investissement de 82,1 milliards de dollars sur 10 ans, mais n’avait jamais précisé comment le gouvernement comptait s’y prendre exactement.

Dans un document rendu public vendredi, le fédéral demande aux villes et aux provinces d’évaluer l’impact d’un projet sur le plan de la pollution, depuis les débuts des travaux jusqu’à la fin de la vie utile de l’infrastructure.

Le test permettra aussi de mesurer les effets que pourraient avoir les projets en amont ou en aval, comme la réduction de la consommation d’électricité, et d’intégrer les résultats aux calculs du fédéral concernant l’atteinte des objectifs nationaux en ce qui a trait aux changements climatiques.

Un prix sera aussi fixé pour chaque tonne d’émissions de gaz à effet de serre qui ne sera pas générée par les projets afin que le gouvernement puisse déterminer l’efficacité de ses investissements.

Ce ne sont pas tous les projets financés à partir du fonds fédéral de 33 milliards de dollars dont la distribution au cours de la prochaine décennie sera directement supervisée par le ministre Sohi qui devront se soumettre au test.

En outre, l’argent ne sera pas octroyé en fonction des résultats au test environnemental, et ce, même si ce dernier révèle que le projet entraînera une augmentation nette des émissions de gaz à effet de serre puisque d’autres éléments seront aussi pris en considération, a affirmé Amarjeet Sohi.

Par exemple, la construction d’un pont pourrait générer des émissions de gaz à effet de serre, mais le pont en tant que tel pourrait permettre de faciliter le transport des marchandises dans un corridor commercial donné.

Ce que les libéraux de M. Trudeau espèrent, c’est que l’obligation d’étudier l’impact environnemental des projets incitera les autorités municipales et provinciales à penser plus vert lorsqu’elles font des travaux et à intégrer cet aspect à la planification de tous leurs projets, même ceux qui ne sont pas financés par le fédéral.

« Cela permet d’économiser à long terme, parce que si vous construisez une infrastructure aujourd’hui qui est résiliente par rapport aux changements climatiques, alors vous économiserez de l’argent au bout du compte puisque vous n’aurez pas à faire des réparations ou les mises à jour nécessaires pour faire face aux changements climatiques », a déclaré le ministre en entrevue depuis Halifax, vendredi.

Au cours des dernières années, la commissaire à l’environnement, Julie Gelfand, a rappelé à maintes reprises que le gouvernement fédéral ne savait pas avec exactitude si le financement des infrastructures avait l’effet escompté sur le plan environnemental.

Dans un rapport publié en 2016, Mme Gelfand avait souligné le manque d’information après une décennie à transférer la taxe sur l’essence aux municipalités pour améliorer l’environnement. L’an dernier, elle avait aussi réprimandé le ministère de M. Sohi parce qu’il n’avait pas un portrait clair et complet des menaces que font courir les changements climatiques aux infrastructures du pays.

Les libéraux espèrent que ce nouveau test réglera les problèmes soulevés par la commissaire.