Ottawa a dépensé 2,3 milliards de moins que prévu en équipement militaire

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan

Le gouvernement fédéral a dépensé 2,3 milliards $ de moins que ce qui avait été prévu l’an dernier pour du nouveau matériel militaire, a révélé mercredi le ministre de la Défense, Harjit Sajjan.

Ces dépenses revues à la baisse, qui obligeront l’armée canadienne à continuer d’utiliser certaines pièces d’équipement plus longtemps que prévu, signifient que le gouvernement perd déjà du terrain sur les promesses faites l’an dernier d’investir 62 milliards $ dans les Forces armées au cours des 20 prochaines années.

Cette mise au point du ministre a été faite au premier jour de l’événement Cansec à Ottawa, la plus importante foire annuelle d’armes au Canada, dans le cadre de laquelle des responsables des plus grandes entreprises d’équipement militaire au monde débarquent dans la capitale pour se faire valoir auprès du gouvernement et de l’armée.

M. Sajjan a lancé l’événement avec une mise à jour sur la nouvelle politique du gouvernement libéral en matière de défense — qui précise les pièces d’équipement que l’armée compte acquérir au cours des cinq prochaines années.

Plusieurs entreprises attendaient impatiemment de voir quels projets inclus dans la politique de plusieurs milliards de dollars étaient considérés comme des priorités et quels projets étaient mis en veilleuse.

Ce qu’elles ont plutôt entendu, c’est que le plan libéral ambitieux pour accélérer les dépenses a connu un départ plus lent que prévu : Ottawa avait anticipé des dépenses de 6,2 milliards $ l’an dernier, et les statistiques dévoilées lors de l’événement montrent qu’il a été seulement en mesure d’effectuer des investissements de 3,9 milliards $.

M. Sajjan a minimisé l’écart avec l’objectif initial, soutenant qu’une portion de l’argent non dépensé représente des économies que le gouvernement a pu faire sur certains projets, et que d’autres étaient le résultat d’entreprises n’ayant pas respecté leurs obligations.

Le ministre a tout de même admis plus tard que pour certains projets, le gouvernement « n’a pas été en mesure de se rendre au niveau souhaité ». « Les choses vont s’améliorer au fil du temps », a-t-il assuré.

Les entreprises en défense ne seront pas les seules à espérer que la vision optimiste du ministre soit la bonne.

L’un des conseillers économiques les plus influents du gouvernement a affirmé lors d’un repas-causerie que l’industrie canadienne de la défense serait cruciale dans la stimulation de l’innovation et de la prospérité du pays à long terme.

« Si nous voulons croître — et nous le pouvons au Canada, et nous voulons croître de manière plus importante —, le secteur de la défense jouera un rôle essentiel », a affirmé Dominic Barton, président du Conseil consultatif en matière de croissance économique du ministre des Finances Bill Morneau.

L’automatisation devrait priver le Canada de quelque deux millions d’emplois dans les prochaines décennies, a dit M. Barton, mais la défense est l’un des secteurs pour lesquels il y a un potentiel important de croissance, de même que des développements technologiques pour aider à bâtir et à faire croître de nouvelles industries.