Trans Mountain: Trudeau essuie les tirs de l’opposition

Justin Trudeau a dû essuyer les tirs répétés de l’opposition, mercredi.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Justin Trudeau a dû essuyer les tirs répétés de l’opposition, mercredi.

L’achat par Ottawa du projet d’oléoduc Trans Mountain a déchaîné les passions à la Chambre des communes, où Justin Trudeau a dû essuyer les tirs répétés de l’opposition, mercredi. Mais au sein de sa propre équipe, les derniers opposants au pipeline semblaient s’être résignés à la décision de leur gouvernement.

Hedy Fry, qui est députée libérale de Vancouver depuis 1993, était tellement défavorable à l’agrandissement de l’oléoduc de Kinder Morgan qu’elle était allée jusqu’à voter contre une motion d’appui indéfectible au projet. Mercredi, elle n’a pas osé semoncer à nouveau son gouvernement.

« L’an dernier, j’ai voté contre l’oléoduc et le trafic de navires pétroliers. C’était à une époque où 70 % des électeurs de ma circonscription n’approuvaient pas [le projet]. Un an plus tard, 50 % de mes commettants l’appuient », a expliqué l’élue. Quand on lui a demandé si elle était en désaccord avec l’achat du pipeline par Ottawa, Mme Fry s’est montrée évasive. « Je comprends la décision », s’est-elle contentée de répondre.

Sa collègue Joyce Murray, qui encore récemment qualifiait de « très décevante » la détermination d’Ottawa à soutenir à tout prix le projet, était elle aussi beaucoup moins critique mercredi.

« Ils ont pris une décision qui prend en compte des intérêts plus larges », a-t-elle reconnu.

« Je comprends que la décision n’est pas populaire auprès de mes commettants, mais les gens comptent sur moi pour que je porte leur voix ici, et j’ai absolument fait cela et continuerai de le faire. »

Attaques de l’opposition

Le Parti libéral détient 18 des 42 sièges de la Colombie-Britannique, et tous, sauf un, sont situés à Vancouver ou dans sa périphérie — où aboutit l’oléoduc que veut doubler Kinder Morgan. La plupart de ces députés ont toutefois remporté la victoire en 2015 avec de confortables majorités.

Mardi, le gouvernement fédéral annonçait qu’il était prêt à acheter, pour 4,5 milliards, l’oléoduc Trans Mountain existant si aucune autre entité ne s’en porte acquéreur d’ici le mois d’août. Il financerait alors — à hauteur d’un montant non divulgué — l’agrandissement du pipeline dans l’espoir de le revendre une fois les travaux terminés.

Aux Communes mercredi, les partis d’opposition ont sans surprise fait de ce dossier l’objet de toutes leurs attaques à l’endroit du gouvernement.

Le chef conservateur, Andrew Scheer, a reproché au premier ministre Trudeau « de signer un chèque de 4,5 milliards pour un oléoduc existant. Pas un seul centimètre de nouveau pipeline ne sera construit, avec cette facture aux contribuables ».

« On défend les emplois de l’Alberta et du Canada », lui a rétorqué M. Trudeau.

Le néodémocrate Nathan Cullen l’a quant à lui accusé de ne pas être le champion de la lutte contre les changements climatiques qu’il avait promis d’être. M. Cullen a prédit que le premier ministre lui répliquerait, comme il le fait toujours, que l’environnement et l’économie vont de pair. « Vous savez ce qui doit aussi aller de pair ? Faire une promesse aux Canadiens et ensuite la tenir réellement. »

Les conservateurs ont par ailleurs profité de l’investissement d’Ottawa pour sommer le gouvernement de déployer les mêmes efforts pour ressusciter le projet d’oléoduc Énergie Est.