Trans Mountain: dissension entre l’Alberta et les autres provinces de l’Ouest

Le projet Trans Mountain a creusé un fossé entre l’Alberta et la Colombie-Britannique ainsi que leurs gouvernements néodémocrates respectifs.
Photo: Darryl Dick La Presse canadienne Le projet Trans Mountain a creusé un fossé entre l’Alberta et la Colombie-Britannique ainsi que leurs gouvernements néodémocrates respectifs.

Yellowknife — L’Alberta a refusé, mercredi, de signer la déclaration officielle publiée à l’issue de la réunion des premiers ministres de l’Ouest canadien à Yellowknife parce que le document n’appuyait pas le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain.

La version finale de la déclaration porte sur des sujets comme la législation de la marijuana et l’assurance-médicaments.

La vice-première ministre de l’Alberta, Sarah Hoffman, a déclaré que sans la richesse générée par l’expansion du pipeline, toutes les discussions sur ces sujets demeuraient incertaines.

Mme Hoffman a fait valoir que tout cela coûtait de l’argent et que la seule manière de s’assurer d’avoir les fonds et les ressources nécessaires était d’aller de l’avant avec l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain.

Elle a affirmé que ce projet était d’intérêt national et constituait la raison pour laquelle elle s’était présentée à la réunion de mercredi, en remplacement de la première ministre albertaine, Rachel Notley.

Sarah Hoffman a ajouté que, malheureusement, les premiers ministres de l’Ouest canadien n’avaient pas réussi à s’entendre sur cette épineuse question.

L’Alberta estime que le projet Trans Mountain, qui a reçu le feu vert d’Ottawa et permettrait de tripler le volume de pétrole acheminé depuis les exploitations albertaines de sables bitumineux vers la côte de la Colombie-Britannique, est essentiel pour avoir accès à de lucratifs marchés étrangers.

Projet contesté

Le gouvernement minoritaire du premier ministre britanno-colombien, John Horgan, conteste actuellement l’expansion proposée devant les tribunaux. La province a des inquiétudes concernant les risques de déversements majeurs et la capacité des différents intervenants à nettoyer les dégâts.

Mercredi, M. Horgan a indiqué ne pas avoir changé d’avis à la suite de la réunion.

« L’Alberta a certainement défendu sa cause comme elle le fait toujours, soit avec force et passion. J’ai exposé mes craintes au sujet des risques et les affaires judiciaires dans lesquelles nous sommes actuellement impliqués, a-t-il précisé. Outre cela, nous avons fait des progrès dans d’autres dossiers importants pour les Britanno-Colombiens et les résidants de l’Ouest canadien. »

John Horgan a expliqué que son gouvernement se battait à la fois pour maintenir et restreindre les exportations de pétrole albertain parce que, si les livraisons actuelles sont vitales pour sa province, le pétrole brut qui serait transporté grâce à l’expansion du pipeline Trans Mountain aurait d’autres destinations que la Colombie-Britannique.

«La proposition de [tripler] la capacité de l’oléoduc ne vise pas à envoyer un plus grand volume de produit dans la vallée du bas Fraser, mais à exporter vers d’autres endroits», a rappelé le premier ministre britanno-colombien devant les reporters rassemblés à Yellowknife mercredi.

«Il y a une différence entre ces deux choses. L’une est du bitume dilué. L’autre est de l’essence ou du carburant de turbomoteur qui sera utilisé par les citoyens [de la Colombie-Britannique] afin de leur permettre de se déplacer plus librement.»

M. Horgan a fait ces commentaires après que les journalistes lui eurent demandé d’expliquer pourquoi son gouvernement était devant les tribunaux pour savoir s’il avait le droit de réglementer les importations de pétrole brut tout en essayant en même temps d’empêcher l’Alberta de réduire le volume de pétrole actuellement expédié en Colombie-Britannique.

Le projet Trans Mountain a creusé un fossé entre l’Alberta et la Colombie-Britannique ainsi que leurs gouvernements néo-démocrates respectifs.

Mardi, la première ministre Notley avait annoncé qu’elle n’assisterait pas à la réunion avec ses homologues de l’Ouest canadien parce que son temps serait mieux employé à Edmonton à travailler pour que le projet aille de l’avant.

Le propriétaire du pipeline, Kinder Morgan, a suspendu toutes les dépenses non essentielles pour le projet jusqu’à ce qu’il reçoive l’assurance qu’il pourra procéder sans délai.

L’entreprise a fixé la date limite pour recevoir sa réponse au 31 mai.