Visite de politesse de Trudeau aux Malbéens avant le G7

Justin Trudeau était à La Malbaie, mercredi, où il a participé à un barbecue avec les citoyens et... à une séance d’égoportraits.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Justin Trudeau était à La Malbaie, mercredi, où il a participé à un barbecue avec les citoyens et... à une séance d’égoportraits.

Le premier ministre fédéral, Justin Trudeau, a souligné la pertinence de réunir le Groupe des sept (G7), non sans frais, dans un dernier saut à La Malbaie avant la tenue du Sommet des 8 et 9 juin prochains.

« C’est un groupe restreint où on se dit les vraies affaires », a-t-il soutenu lors d’un barbecue communautaire, mercredi soir. Des dizaines de personnes de Charlevoix s’étaient déplacées au complexe sportif pour l’occasion. M. Trudeau a insisté auprès d’elles sur la nécessité de créer une « ambiance » propice à la tenue de discussions franches entre les dirigeants du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon, du Royaume-Uni et des États-Unis dans deux semaines. Il les a remerciées « à l’avance de l’accueil » qu’elles réserveront « à la planète entière ». « Je sais, ce n’est pas toujours facile. Il y a des éléments compliqués […] qui s’immiscent depuis quelques semaines […] dans votre vie. Je sais aussi que si on garde l’attitude positive et si on reste engagé, tout va bien se passer », a-t-il déclaré devant des dizaines de personnes réunies sur la pelouse. Plus de 500 hot-dogs avaient été achetés en vue du barbecue. Ils ont pour la plupart trouvé preneurs.

Le G7 ne représente pas le monde, a fait valoir Marianne Guay du Comité mobilisation citoyenne de Charlevoix. Il s’agit plutôt d’un club sélect qui, sous couvert de « construire un monde plus pacifique et plus juste », mène un programme néolibéral, a-t-elle fait valoir dans un échange avec Le Devoir.

Après une allocution — « short and sweet », selon une résidente —, M. Trudeau a été assailli de dizaines, non pas de questions, mais de demandes d’égoportraits de la part de membres de la communauté de La Malbaie.

L’accueil chaleureux réservé au chef du gouvernement fédéral traduit bien l’état d’esprit général de la population, selon le maire de La Malbaie, Michel Couturier. « Les gens sont très contents de recevoir le G7. Les questions ont trouvé des réponses. On n’est pas des craintifs », a-t-il dit.

Lucie Bérubé et Giannina-Mercier Gouin, deux autres membres du Comité mobilisation citoyenne de Charlevoix, se sont toutefois faufilées afin de l’interpeller sur la pertinence de réunir les dirigeants du G7 à grands frais dans l’hôtel Fairmont Le Manoir Richelieu afin de promouvoir une politique néolibérale au détriment de politiques environnementales et sociales, notamment. « D’ailleurs, il ne se sent pas un peu mal à l’aise de dépenser autant d’argent après que des travailleurs ont eu faim cet hiver en raison du “trou noir” de l’assurance-emploi ? » a demandé Mme Gouin.

M. Trudeau s’adressera aux journalistes dans l’hôtel Fairmont Le Manoir Richelieu, où convergeront les dirigeants du G7 et leur suite les 8 et 9 juin. Des travailleurs de la construction s’affairaient mercredi autour de l’établissement, niché sur le haut de la falaise de Pointe-au-Pic : certains refaisaient des sections de bordure d’allées pendant que d’autres réglaient la clôture métallique qui ceinture l’établissement de plus de 400 chambres et le Casino de Charlevoix.

À l’intérieur, les machines à sous résonnaient et scintillaient comme si de rien n’était, des dizaines de personnes retraitées accrochées à elles. Les appareils se tairont à compter du 3 juin prochain pour laisser place à une salle de presse. « Nous ne savons toujours pas ce que nous ferons, mais nous travaillerons », indique une employée de Loto-Québec.

Retombées au rendez-vous

Jusqu’ici, les retombées sont au rendez-vous, indique le maire de La Malbaie. Les auberges et gîtes affichent complet, ou presque. Les gérants du gîte Entre mer et montagnes, Éric et Annie, peuvent en témoigner. Des policiers occupent depuis un bon moment un bon nombre des chambres disponibles. À la demande des autorités, le couple garde l’oeil ouvert au cas où des « gens douteux » rôderaient aux alentours. « C’est bien tranquille jusqu’à maintenant. »

« Là, reste à savoir comment l’événement va se passer côté manifestations », conclut M. Couturier.

Les commerçants demandent une séance d'information

La députée québécoise Caroline Simard a relayé plus tôt en journée aux organisateurs du Sommet du G7 les demandes répétées de commerçants qu'une séance d'information soit offerte — à Baie-Saint-Paul par exemple — aux gens de l'ouest de Charlevoix. « Ils ne savent pas s'ils doivent ouvrir ou fermer leurs commerces durant le Sommet », a-t-elle mentionné au Devoir. La réponse ? « On nous a référé au site Web », a-t-elle dit. L'élue a aussi montré du doigt des failles dans le nouveau réseau cellulaire le long de la route 138.