Avortement: Andrew Scheer confirme avoir parlé à Ted Falk, mais n’en dit pas plus

Les conservateurs d’Andrew Scheer étaient rassemblés en conseil général à Saint-Hyacinthe pendant le week-end.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Les conservateurs d’Andrew Scheer étaient rassemblés en conseil général à Saint-Hyacinthe pendant le week-end.

Le chef conservateur Andrew Scheer dit avoir eu une conversation avec son député pour qui l’avortement « n’est pas un droit ». Mais il refuse de préciser ce qu’il lui a communiqué, quelle réaction ce cri poussé aux Communes lui a inspirée et si le député s’est fait taper sur les doigts.

« J’ai parlé à M. Falk, mais je ne parle pas de la régie interne », s’est-il contenté d’offrir en point de presse à Saint-Hyacinthe, dimanche, à l’issue du conseil général de son parti.

Le leader de l’opposition n’a pas non plus souhaité préciser comment il avait réagi lorsque Ted Falk a crié en Chambre que l’avortement, « ce n’est pas un droit », alors que Justin Trudeau venait de clamer que ses libéraux défendraient toujours le droit à l’avortement.

Le chef Scheer, qui est antiavortement, n’a pas voulu dire si, pour lui, l’avortement constituait un droit.

Six fois, il a dit que lui, son parti ou un éventuel gouvernement conservateur respecterait « les décisions des cours », en guise de réponse aux questions sur le sujet, sans jamais prononcer le mot « avortement ».

Le chef ne s’était pas encore exprimé publiquement au sujet de la commotion qu’a causée son député manitobain Ted Falk pendant la période des questions en Chambre, mercredi dernier.

Ces propos avaient fait sursauter dans les banquettes du gouvernement et du Nouveau Parti démocratique (NPD).

L’élue néodémocrate Anne Minh-Thu Quach, à qui était venu le tour de poser une question, a qualifié d’« horrible » ce qui venait d’être dit à la Chambre des communes.

Désaccords internes

Le lieutenant politique d’Andrew Scheer au Québec, Alain Rayes, avait rabroué Ted Falk, à l’instar de certains collègues de la députation québécoise, dont Gérard Deltell et Sylvie Boucher.

L’incident est survenu alors que les conservateurs tâchent de recalibrer l’image du chef et de la formation, notamment en vue de faire des gains au Québec à la prochaine élection.

Dans les couloirs de l’hôtel où se tenait le conseil général du Parti conservateur, ce week-end, des militants affirmaient que cet incident n’était pas de nature à décourager certains Québécois à voter bleu. « Pas du tout, pas du tout. C’était son opinion à lui, et ça ne reflète pas le parti et les idéologies des membres du parti », a soutenu Valérie Assouline, membre de l’exécutif national du Parti conservateur au Québec.

« C’est certain que je trouve ça malheureux, qu’il ait fait ce commentaire-là, et que je n’appuie pas ce commentaire », a ajouté cette ancienne candidate du Parti conservateur et de la Coalition avenir Québec.

Selon Jean-Philippe Fournier, un jeune militant montréalais, « c’est un faux débat, parce que c’est aucunement dans nos plans d’ouvrir ça », et « la vaste majorité des membres s’en sacre complètement ».

Il reste que si les autres formations politiques utilisent l’affaire pour attaquer les conservateurs, ces charges pourraient potentiellement « changer l’avis de certaines personnes », a-t-il fait valoir.

D’autres bloquistes et fédéralistes viendront, dit Scheer

Le chef conservateur Andrew Scheer a fouetté ses troupes québécoises, et il leur a promis du renfort, dimanche : d’autres bloquistes désillusionnés viendront grossir leurs rangs en prévision du prochain scrutin. Dans un discours livré en clôture du conseil général, qui a réuni environ 400 militants à Saint-Hyacinthe ce week-end, le leader a de nouveau courtisé le vote nationaliste. « Chez les conservateurs, il y a une place autant pour les nationalistes qui sont tannés des chicanes que pour les fédéralistes qui n’en peuvent plus de voir Justin Trudeau vivre dans son monde de Calinours », a-t-il lancé. « Croyez-moi, des Michel Gauthier et des Yves Lévesque, il va en avoir plusieurs autres », a-t-il lâché dans la portion finale de son allocution d’une quinzaine de minutes, qu’il a livrée majoritairement en français. Le premier, ancien député et chef du Bloc québécois, a annoncé samedi à Saint-Hyacinthe qu’il se joignait aux bleus comme membre, et pour donner un coup de pouce aux candidats québécois qui brigueront les suffrages.