Jagmeet Singh met Erin Weir à la porte de son caucus

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a reçu le rapport d’enquête il y a deux semaines, mais n’en avait toujours pas divulgué les conclusions.
Photo: Patrick Doyle La Presse canadienne Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a reçu le rapport d’enquête il y a deux semaines, mais n’en avait toujours pas divulgué les conclusions.

Le député Erin Weir aurait pu rester membre du caucus du NPD, mais il a commis l’erreur de dénoncer publiquement les allégations de harcèlement pesant contre lui depuis des semaines. Cet acte d’insubordination a convaincu son chef, Jagmeet Singh, de l’expulser.

« Il a contesté les résultats de l’enquête, a déploré M. Singh. Il s’est attaqué à la plaignante et il a aussi dévoilé des détails qui peuvent identifier la personne qui a partagé la plainte. À cause de cela, je ne peux pas avoir confiance dans sa capacité de réhabilitation, à cause de ses actions qui montrent qu’il n’accepte pas la responsabilité. »

Erin Weir est dans les limbes politiques depuis le 1er février. Alors qu’il tentait de devenir président du caucus, sa collègue Christine Moore s’y est opposée.

« Il y a trop de femmes (principalement des employées) qui m’ont confié que tu les harcelais. En tant que femme, je ne me sentirais pas à l’aise de te rencontrer seule », avait-elle écrit dans un courriel destiné aux députés néodémocrates. Jagmeet Singh avait commandé une enquête et relevé M. Weir de ses fonctions parlementaires.

Sa version des faits

M. Singh a reçu le rapport d’enquête il y a deux semaines, mais n’en avait toujours pas divulgué les conclusions.

Une fuite de la CBC a fait état d’une femme soutenant que M. Weir s’était adressé à elle de manière si agressive qu’elle en était venue à craindre pour sa sécurité physique. Après avoir lu ce reportage, M. Weir a livré sa version des faits.

Selon M. Weir, la plaignante était une employée du bureau du chef Thomas Mulcair qui l’aurait empêché de prendre la parole sur la taxe sur le carbone, lors du congrès du NPD de Saskatchewan, afin d’éviter de placer le parti fédéral dans l’embarras.

M. Weir avait ajouté qu’en 2014, il s’était présenté dans la circonscription de Regina-Lewvan à l’encontre de la volonté du parti et du député Charlie Angus, qui avaient plutôt jeté leur dévolu sur Noah Evanchuck. M. Evanchuck avait perdu par moins de 700 voix à l’élection de 2011 et voulait sa revanche.

Selon M. Weir, la plaignante avait travaillé pour Charlie Angus. Il considère donc sa plainte comme étant « fabriquée de toutes pièces » pour faire taire le débat. C’est cette sortie qui a valu à M. Weir son expulsion.

Signes non verbaux

Sur le fond, on ne sait pas ce qu’Erin M. Weir a fait. Le chef Jagmeet Singh refuse de le révéler au nom de la « confidentialité ». Il fait état de quatre allégations : une de harcèlement (relativement au congrès de Saskatchewan) et trois de harcèlement sexuel.

« M. Weir n’a pas su lire les signaux non verbaux dans des situations sociales, a expliqué M. Singh, et son comportement a entraîné des conséquences néfastes considérables pour les personnes ayant formulé des plaintes. Le rapport montre que lorsqu’il s’est fait dire que ses avances n’étaient pas désirées, M. Weir s’est arrêté. »

Dans sa propre déclaration, M. Weir est plus précis, relatant qu’on lui reproche de s’asseoir ou de se tenir trop proche des gens et de leur parler trop longtemps. « Avant cette enquête, écrit M. Weir, je n’avais aucune idée que j’avais fait des choses importunes. Quand je lis le sommaire des plaintes, il m’est apparu clair que je suis parfois lent à saisir les indices sociaux. »