Moment d’embarras pour Jagmeet Singh

Il a fallu qu’une journaliste pose la question à quatre reprises.
Photo: Patrick Doyle La Presse canadienne Il a fallu qu’une journaliste pose la question à quatre reprises.

Faut-il y voir un autre exemple de déconnexion entre le nouveau chef du NPD et son caucus ? Jagmeet Singh a été incapable de dire si ses députés étaient d’accord avec lui pour appuyer un projet de loi libéral sur les armes à feu déposé il y a un peu plus d’un mois. Il a été obligé d’en référer à son conseiller.

Le projet de loi C-71 resserre le contrôle des armes à feu. Ces questions ont historiquement divisé le caucus néodémocrate composé à la fois de députés urbains et ruraux. Niki Ashton et Nathan Cullen, qui sont encore en poste, avaient par exemple appuyé les conservateurs pour abolir le registre des armes à feu.

En point de presse mercredi, M. Singh a dit « soutenir ce projet de loi » tout en ajoutant qu’il fallait rester « sensible » aux gens « qui utilisent les armes à feu pour leur culture, pour la chasse ».

Ses députés sont-ils d’accord avec lui ? Il a fallu qu’une journaliste pose la question à quatre reprises. M. Singh s’est alors retourné vers son adjoint et le député Guy Caron, qui l’accompagnaient, pour leur demander quelle était la position du caucus. Le tout devant les caméras. Après un bref échange, M. Singh a affirmé : « Notre caucus appuie ce projet de loi. »

La députée Brigitte Sansoucy ne se préoccupe pas de cette apparente méconnaissance des dossiers législatifs.

« Moi, mon chef, j’aime bien quand je vois des photos de lui devant des salles pleines un peu partout au Canada. Pour moi, qu’il parle aux citoyens et crée cet engouement est plus important que de passer beaucoup de temps à tout apprendre. »

Le porte-parole en matière de Sécurité publique, le député Matthew Dubé, met cet incident sur le compte de la fatigue, alors que le chef avait voyagé la veille.

« Il était présent au caucus quand j’ai offert ma recommandation comme porte-parole aux collègues. »

Le mois dernier, après que M. Singh eut mécontenté ses troupes en sanctionnant un de ses vétérans, le caucus avait unanimement reconnu le besoin que le chef soit plus présent à Ottawa.

« On s’aperçoit du besoin d’avoir le chef ici pour mieux connaître le caucus », avait indiqué Guy Caron. « Il doit prendre du temps pour être avec les députés du caucus », avait pour sa part dit Alexandre Boulerice.

Weir encore en attente

Par ailleurs, on ignore toujours le sort définitif qui sera réservé au député Erin Weir, qui fait l’objet d’une allégation de comportement déplacé de nature non sexuelle.

M. Weir a été suspendu de ses fonctions officielles en février, mais il est demeuré membre du caucus. Jagmeet Singh avait commandé un rapport sur la situation, rapport qu’il a entre les mains depuis maintenant une semaine. Qu’en fera-t-il ?

« Il y a un processus à suivre », s’est-il borné à répéter sans jamais expliquer de quel processus il parlait maintenant que l’enquête est terminée.