Maxime Bernier reporte la publication de son livre

Deuxième l’an dernier dans la course à la chefferie du Parti conservateur, Maxime Bernier avait célébré la victoire de son adversaire Andrew Scheer devant les partisans.
Photo: Frank Gunn La Presse Canadienne Deuxième l’an dernier dans la course à la chefferie du Parti conservateur, Maxime Bernier avait célébré la victoire de son adversaire Andrew Scheer devant les partisans.

La controverse suscitée par un chapitre de son livre aura eu raison de sa carrière d’autobiographe… pour l’instant. Maxime Bernier reporte la publication d’un livre sur ses idées politiques après que la sortie d’extraits où il décochait quelques flèches à l’endroit du chef Andrew Scheer eut fâché ses collègues.

Les propos de Maxime Bernier avaient mal passé. L’élu beauceron s’opposait une fois de plus au système de gestion de l’offre, dans un passage de son livre rendu public la semaine dernière. Mais il déplorait en outre que de « faux conservateurs » aient fait élire Andrew Scheer comme chef : des partisans de la gestion de l’offre qui étaient devenus membres du parti simplement pour barrer la route à Maxime Bernier, qui est arrivé deuxième dans la course à la chefferie du Parti conservateur l’an dernier.

« Je me rends compte que tout ce que j’écris sera toujours interprété comme une tentative de créer de la division et de contester notre chef », déplorait M. Bernier sur Twitter mercredi, arguant que seuls trois paragraphes sur les trente pages du chapitre portaient sur la course.

« Ce livre et les idées qu’il contient sont très importants pour moi. Mais ce n’est pas le bon moment pour le publier. Après mûre réflexion, dans le but de maintenir l’harmonie au sein de notre parti, j’ai décidé de reporter sa publication indéfiniment », a-t-il annoncé, sans accorder d’entrevue par la suite.

Isolé au caucus

Les collègues de Maxime Bernier avaient tour à tour dénoncé ses écrits la semaine dernière, sur Twitter ou en entrevues. Certains l’avaient carrément accusé d’être mauvais perdant.

De retour à Ottawa, après deux semaines de relâche parlementaire, plusieurs lui ont fait comprendre en réunion du caucus qu’il était allé trop loin, selon les informations du Devoir.

M. Bernier est connu pour son franc-parler. Son opposition à la gestion de l’offre ne date pas d’hier et il en avait fait un thème central de sa campagne à la chefferie. Mais sa sortie contre le nouveau chef avait fâché ses collègues.

« Ce qu’on avait à dire à M. Bernier a été dit au moment opportun, c’est-à-dire dans le caucus », a brièvement déclaré Gérard Deltell à sa sortie de la rencontre. « Je pense que c’était la meilleure décision qu’il fallait prendre, pour lui et pour tout le monde », a estimé Sylvie Boucher.

L’Ontarien Erin O’Toole, qui est arrivé troisième dans la course au leadership, a reconnu que « tout le monde ronchonne après une course à la chefferie ». Mais il a noté que « des mémoires sont habituellement publiés à la fin d’une carrière politique ».

Tous avaient compris que Maxime Bernier annulait carrément la publication de son livre.

L’annonce officielle de sa décision — qui serait entièrement la sienne, selon les conservateurs — est venue expliquer en fin de journée que la publication était plutôt reportée à une date indéterminée.

M. Bernier conserve son poste de critique en matière d’industrie au sein du caucus conservateur « pour l’instant », a-t-on indiqué.

Le livre Faire de la politique autrement : ma vision du Canada devait paraître le 1er novembre. Maxime Bernier comptait notamment y revenir sur son passage au gouvernement de Stephen Harper.

Dans le chapitre sur la gestion de l’offre, le député écrivait qu’Andrew Scheer avait récolté « l’appui de ces faux conservateurs, uniquement intéressés à bloquer ma candidature et à protéger leurs privilèges.

Il est intéressant de noter qu’un an plus tard, la plupart d’entre eux n’ont pas renouvelé leur carte et ne sont plus membres du parti ».