Daniel Jean nie avoir jeté le blâme sur New Delhi dans l'affaire Atwal

Le conseiller à la sécurité nationale Daniel Jean était de passage au comité de la sécurité nationale lundi pour s’expliquer.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le conseiller à la sécurité nationale Daniel Jean était de passage au comité de la sécurité nationale lundi pour s’expliquer.

Il était attendu de pied ferme en comité parlementaire. Cependant, la comparution du conseiller à la sécurité nationale de Justin Trudeau n’a pas permis de clarifier comment Jaspal Atwal, un ex-extrémiste sikh accusé de meurtre au pays, a pu participer à une réception en présence du premier ministre lors du controversé voyage de celui-ci en Inde.

Le conseiller Daniel Jean nie cependant avoir fait porter le blâme au gouvernement indien.

L’opposition réclamait de pouvoir interroger M. Jean depuis des semaines, après qu’il eut été révélé que le conseiller à la sécurité nationale avait offert une séance d’information à certains médias d’Ottawa. Les conservateurs exigeaient d’avoir droit aux mêmes informations.

Daniel Jean était donc de passage au comité de la sécurité nationale lundi pour s’expliquer.

Cette séance de breffage pour les journalistes était son idée, a-t-il insisté. Jamais le conseiller du premier ministre n’a suggéré que le gouvernement de l’Inde était responsable d’un « complot » pour inviter Jaspal Atwal à deux réceptions en présence du premier ministre à Mumbai et à New Delhi.

M. Jean a plaidé avoir plutôt voulu contrer des « mésinformations » véhiculées dans certains médias, selon lesquelles le gouvernement canadien avait été averti de la présence de Jaspal Atwal aux événements du premier ministre et qu’il avait tardé à agir pour l’empêcher d’y participer.

Daniel Jean a fait valoir qu’il avait alors pris l’initiative de s’assurer que la réputation du Service canadien du renseignement de sécurité, de la Gendarmerie royale du Canada et du Haut-commissariat du Canada en Inde ne soit pas « entachée ».

Instigateurs non identifiés

Les instigateurs de ces fausses rumeurs n’ont toutefois pas été nommés par le conseiller à la sécurité nationale. « J’ai été très clair [sur le fait] que je ne savais pas qui était ces acteurs », a-t-il relaté au sujet des propos tenus pendant sa séance d’information à laquelle Le Devoir n’avait pas été convié.

« C’est des acteurs qui sont soit des individus privés ou – ce n’est certainement pas le gouvernement de l’Inde – alors si c’est associé au gouvernement de l’Inde, ce serait des gens qui le feraient sans la permission du gouvernement de l’Inde », a-t-il rapporté. Mais l’idée que toute cette histoire ait été un « complot » indien est venue de journalistes qui n’avaient pas participé au breffage, a soutenu M. Jean.

Fin février, alors que Justin Trudeau menait un périple d’une semaine en Inde, des photos de Jaspal Atwal en compagnie de l’épouse du premier ministre, Sophie Grégoire, ou d’élus libéraux qui l’accompagnaient ont fait les manchettes. Le député libéral de Colombie-Britannique Randeep Sarai s’était plus tard excusé d’avoir invité M. Atwal aux réceptions.

« Les Canadiens ont le droit de savoir lorsque les médias sont utilisés pour propager un récit mensonger », a fait valoir le haut conseiller du premier ministre. « Et dans ce contexte, qui d’autre qu’un fonctionnaire qui est neutre peut informer les Canadiens que cette information-là, elle est fausse ? » a-t-il argué en estimant que, venant d’un employé politique, le même plaidoyer n’aurait « pas eu beaucoup de crédibilité ».

Opposition insatisfaite

Le témoignage de Daniel Jean n’a cependant pas calmé les critiques des conservateurs, qui font leurs choux gras de cette histoire depuis deux mois et qui ont une fois de plus bombardé le gouvernement libéral de questions sur le sujet lundi. Ils estiment que c’est au tour de Justin Trudeau lui-même d’expliquer ce qui s’est passé.

Les néodémocrates aimeraient aussi entendre les explications des ministres des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et de la Sécurité publique, Ralph Goodale.

M. Atwal a été reconnu coupable de tentative de meurtre sur un ministre indien en visite sur l’île de Vancouver en 1986. Il a également été accusé, mais pas condamné, relativement à une attaque en 1985 contre l’ancien ministre libéral Ujjal Dosanjh, un farouche opposant au mouvement séparatiste sikh.